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spécial Palestine News Network - Wisam Afifa
7 décembre 2005
Travailler dans la pêche est devenu synonyme de mort, dans la
bande de Gaza, à cause de la poursuite de la guerre menée par
l'occupant contre les pêcheurs. Le samedi 4 décezmbre, le pêcheur
Ziyad Isma'il Broudil, 22 ans, a été assassiné, alors qu'il
menait son activité ordinaire au large de la mer, face aux plages
de la province de Rafah. Il a été tué par une patrouille
militaire israélienne, qui a tiré directement sur lui.
La souffrance des pêcheurs due à l'occupation israélienne ne
s'est jamais arrêtée. Après le retrait de la bande de Gaza, les
pêcheurs avaient espéré une amélioration de leur sort, mais à
peine quelques jours plus tard, la réponse ne s'est pas fait
attendre, exprimée par les balles des vedettes Dabour qui
accomplissent le rôle de garde-côtes pour l'armée d'occupation.
Au cours des derniers jours, les forces de l'occupation israélienne
ont multiplié leurs vedettes militaires tout au long de la côte
de Gaza, face aux provinces de Rafah et de Khan Younes, et
notamment près de la frontière avec l'Egypte. Ces vedettes n'hésitent
pas à tirer et à lancer des bombes éclairantes dans toutes les
directions, notamment au cours de la nuit. Ces vedettes ont pour rôle
de semer la terreur et la panique, à empêcher les pêcheurs
d'exercer leur métier. Mais malgré tout, ils poursuivent leurs
activités, tous les jours, même au prix de la mort.
Lors de l'assassinat du pêcheur Broudil, d'autres comme lui se
trouvaient dans la mer, dans des bateaux de pêche palestiniens,
en train de pêcher près des côtes de la province de Rafah. La
vedette s'est approchée d'eux, commençant d'abord par envoyer
des fusées éclairantes puis ouvrant le feu directement en
direction des bateaux de pêche. Broudil est tombé immédiatement,
alors que les autres ont échappé à la mort, par miracle, en
sautant de leurs bâteaux, et en s'enfuyant à la nage vers la côte.
Les coups de feu ont occasionné des dégâts sur les bâteaux.
Celui du martyr Bourdil a été incendié mais plusieurs autres
ont été touchés, notamment les filets.
C'est ainsi que se répète tous les jours cette tragédie sombre,
où les soldats de l'occupation, montés sur des vedettes, tirent
sur les pêcheurs et envoyent des fusées éclairantes dans tous
les sens. Cela prive les pêcheurs de mener leur activité vitale,
pour eux et leurs familles, malgré l'abondance des poissons à
cette période de l'année.
Les pêcheurs de Rafah et Khan Younes furent privés, tout au long
des années de l'intifada, d'utiliser même leurs bâteaux de pêche,
lorsque les côtes étaient entièrement soumises à l'occupation.
Aujourd'hui, alors qu'ils peuvent théoriquement descendre en mer,
ils doivent rester prudents et s'éloigner rapidement à la vue
d'une vedette militaire israélienne, qui les poursuit jusqu'à la
plage.
Les pêcheurs admettent que les pratiques terroristes israéliennes
se sont développées il y a plus d'une semaine, pour culminer après
l'opération à Natanya. Avant même l'opération militaire du
lundi, les vedettes israéliennes s'approchaient des pêcheurs même
tard dans la nuit, et tiraient des coups de feu visant l'eau, tout
près d'eux. Et parfois, les soldats braquaient les lumières sur
leurs visages. Ce qui obligeait les pêcheurs à quitter immédiatement
la zone, par crainte d'être tués, et du coup, à occasionner des
dégâts aux filets.
Près de 2500 Palestiniens exercent le métier de la pêche dans
la bande de Gaza. Ils sont répartis sur toute la côte. A leurs côtés,
1200 personnes travaillent dans les métiers liés à la pêche,
comme la fabrication des bâteaux, la préparation des filets, des
blocs de glace nécessaires à la préservation des poissons,
ainsi que la préparation des poissons et leur vente. Près de 40
à 50 familles se trouvant dans le camp de Shate' travaillent au
nettoyage du poisson, qui est la principale ressource familiale.
Ce sont surtout les femmes qui s'occupent de ces tâches.
Des sources officielles indiquent que la majeure partie des dégâts
occasionnés et subis par les pêcheurs, depuis le début de l'intifada
al-Aqsa, jusqu'à avril 2002 a atteint près de 5,5 millions de
dolalrs, dont 700.000 de dégâts du matériel de pêche, le reste
étant les pertes subies dans le volume de la pêche.
Le nombre de pêcheurs arrêtés par les forces de l'occupation,
au cours de l'exercice de leur métier, au large des côtes, est
de plus de 70 Palestiniens, sans compter les pêcheurs ayant été
blessés par les coups de feu tirés par l'armée d'occupation.
La marine militaire israélienne avait fermé la plage de Gaza à
partir de l'intifada, en septembre 2000, obligeant les bâteaux
palestiniens à rester près de la côte, ce qui été considéré
par les Palestiniens comme une "punition collective",
dont a souffert toute l'activité de la pêche à Gaza. La plupart
de ces entraves ont été maintenues malgré le retrait de la
bande de Gaza en septembre 2005.
Selon les accords provisoires signés avec Israël, dans les années
90, toute la côte de Gaza, avec une profondeur de 37 kms à l'intérieur
de la mer, est ouverte aux pêcheurs, à l'exclusion de deux
zones, limitées, au nord et au sud.
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