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HaGada HaSmolit, 11 décembre 2005
www.hagada.org.il/hagada/html/modules.php?name=News&file=article&sid=4144
Des
centaines de travailleurs palestiniens sont durement exploités par
leurs employeurs, les colons israéliens, dans la vallée du
Jourdain. C’est ce qui ressort des entretiens que nous avons eus
ces dernières semaines avec un grand nombre de travailleurs
palestiniens. La zone agricole de la vallée du Jourdain comprend
une vingtaine de colonies, chacune cultivant ses propres
plantations. Les conditions de travail varient de l’une à
l’autre et les employeurs ne respectent pas les lois du travail en
usage dans l’Etat d’Israël et ignorent tout aussi parfaitement
les lois palestiniennes du travail. On notera que pour pouvoir
travailler dans une colonie, les travailleurs palestiniens sont
tenus de posséder un permis d’entrée délivré par
l’administration. Si bien que, si elle le voulait,
l’administration pourrait aisément inspecter leurs conditions de
travail ou leur niveau de salaire. Il n’y a, répétons-le, nulle
application des lois du travail et, en réalité, ni droit ni juge.
Le
salaire quotidien est beaucoup plus bas que le salaire minimum (légal)
israélien et tourne autour de 50 à 60 shekels [9,20 à 11,00 €]
par journée de 8 heures de travail, dans toutes les colonies. Si on
travaille une heure supplémentaire, on reçoit 10 shekels [1,84
€] en plus. Personne ne reçoit de feuille de paie. Les
employeurs, contre les arrêts des tribunaux israéliens du travail
concernant les travailleurs palestiniens dans les colonies, considèrent
que les travailleurs palestiniens n’ont pas de droits tels
qu’indemnités, jours de congé ou de maladie etc.
Les
travailleurs palestiniens sont en général employés à la culture
du raisin, des dattes et des rosiers. Un petit nombre est employé
à la culture des légumes. Une partie non négligeable de cette
production est destinée à l’exportation. Et le client d’un
supermarché de Grande-Bretagne ou de Belgique qui achète un
produit agricole « israélien » n’est pas conscient de
l’exploitation scandaleuse des travailleurs palestiniens et il
n’est pas non plus conscient qu’il ne s’agit pas d’une
production agricole israélienne mais de produits agricoles
provenant de territoires sous occupation. Le raisin est commercialisé
dans les pays occidentaux via les sociétés « Arava »
et « Agresco ». Les roses Rimonis
et Carcuma sont essentiellement commercialisées aux Pays-Bas.
Un
des travailleurs palestiniens avec lesquels nous avons discuté a
dit être employé dans l’agriculture depuis 15 ans dans la même
localité. Selon ses dires, son salaire n’a pas changé avec les
années : 50 shekels par jour ; il travaille de 6h du
matin à 14h et il est l’un des six travailleurs permanents que le
propriétaire de l’entreprise emploie tous les jours de l’année.
D’autres sont employés selon les « saisons » ou pour
un temps limité. Les travailleurs palestiniens s’occupent aussi
des pulvérisations et des traitements, sans vêtements adaptés ni
masques. Un travailleur qui a demandé un masque à son employeur a
essuyé un refus. Un des travailleurs a rapporté avoir été congédié
après avoir été blessé à l’œil pendant son travail.
Autrement dit, la région occupée de la vallée du Jourdain est une
zone d’exploitation des travailleurs, comparable à la zone qui
avait été établie dans les territoires de Gaza avant le retrait
israélien.
Salwa Alenat milite au sein de l’association de défense
des droits des travailleurs « Kav La’Oved » [cf.
www.kavlaoved.org.il, hébreu
et anglais]
(Traduction
de l'hébreu : Michel Ghys)
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