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Alors que les USA et l'Union Européenne ont annoncé
le gel de leurs aides financières au gouvernement palestinien du
Hamas, l'Iran joue la carte palestinienne pour constituer un front régional
contre l'Occident et entend affirmer la nouvelle position de leader
du proche orient déjà ardemment défendue par Mahmoud Ahmadinejad
dans le dossier du nucléaire iranien.
Le ministre iranien des
affaires étrangères, Manouchehr Mottaki , à déclaré à
l'occasion d'une conférence de solidarité avec le peuple
palestinien que le gouvernement de la République Islamique d'Iran
allait débloquer quelques 50 millions de dollars pour venir en aide
au gouvernement palestinien : " Je suis honoré d'annoncer que
l'Iran a débloqué 50 millions de dollars pour venir en aide à la
nation palestinienne. "
Le chef politique du Hamas en exil en Syrie, Khaled Mechaal,
participait à la conférence en s'est est pris voilement à l'Union
Européenne qu'il accuse de s'aligner sur la vision hégémonique de
Washington et de vouloir obliger les palestiniens à plier aux
exigences de l'état d'Israël en suspendant l'aide financière
apportée à l'autorité palestinienne : " La suspension des
aides financières est (...) un acte immoral et inhumain qui vise à
punir collectivement une nation qui a fait un choix démocratique.
(...) J'ai beaucoup de respect pour le président iranien; c'est un
homme de principe qui exprime ses idées et qui tient tête à
l'Occident. Les Européens devraient discuter avec lui au lieu de se
laisser influencer par les mensonges d'Israël. "
Au centre d'une crise internationale sans précédent sur la gestion
du dossier du nucléaire civil iranien, le président radical
Ahmadinejad tente de repositionner son pays au centre des intérêts
du Proche Orient et essaie de rallier à lui les nations arabes
autour de l'autorité palestinienne aujourd'hui abandonnée financièrement
par les grandes puissances occidentales à cause de la présence
majoritaire du Hamas au sein du pouvoir palestinien.
Désireux de positionner la République Islamique d'Iran au centre
du Proche Orient en devenant une puissance de tout premier plan
disposant de la maîtrise de l'énergie nucléaire, l'Iran veut
faire d'une pierre deux coups en essayant de se recentrer
politiquement et tente d'apparaître aujourd'hui comme une "
opportunité " à saisir pour les nations arabo musulmanes
abandonnées par les puissances occidentales qui veulent maintenir
les nations du monde arabe sous domination politico-financière et
énergétique.
L'Iran sera -t- il la nation incontournable dans le monde dès que
les intérêts du proche orient seront en question? C'est du moins
l'intention du président iranien, qui entend bien ravir aux américains
cette main mise sur le proche orient en devenant bientôt une
puissance nucléaire qui sera capable de rivaliser avec les grandes
puissances des Nations Unies telles qu'elles ont été modelées au
lendemain de la seconde guerre mondiale et qui imposent aujourd'hui
leur vision du monde au reste de la planète.
Alors que des rumeurs courent sur une éventuelle intervention
militaire des forces américaines sur les installations nucléaires
iraniennes, le président iranien affirme une nouvelle fois la
souveraineté de la Nation iranienne en matière énergétique et
martèle que son pays n'a aucunement l'intention de céder aux
menaces occidentales. Le ministre des affaires étrangères
iraniennes a déclaré " Nous tentons de trouver une solution
diplomatique au problème du nucléaire et les Etats-Unis devraient
se rendre compte qu’ils ne sont pas en position de créer une
nouvelle crise dans la région ", rappelant à Washington son
enlisement en Irak et le besoin de l'appui des iraniens sur les
chiites irakiens afin que ceux ci n'appellent pas à un soulèvement
contre l'occupation américaine en Irak.
Washington prône un durcissement des relations avec l'Iran mais ne
peut pas intervenir en Irak faute de moyens logistiques mobilisés
dans le reste du Golfe et en Afghanistan, mais les principales
craintes américaines résident en un durcissement du conflit en
Irak si les chiites abandonnent leur " coopération " avec
les américains à l'appel des hautes autorités religieuses chiites
iraniennes.
Le chef des gardiens de la révolution iranienne, le général Yahya
Rahim Safavi , a averti les américaines de représailles sans précédent
si une intervention armée était déclenchée : " Vous pouvez
commencer une guerre, mais ce n’est pas vous qui la terminerez!
(...) Nous surveillons étroitement les forces américaines dans la
région et nous leur conseillons de ne pas mettre en danger la sécurité
de la région en attaquant l’Iran. "
Le général Yahya Rahim Safavi a précisé que leurs forces de
renseignements avaient clairement établies que les forces américaines
étaient " vulnérables " et qu'ils regretteraient une
attaque militaire contre les installations nucléaires iraniennes
qui causerait leur perte.
Le chef des gardiens de la révolution a terminé son discours en
rapprochant l'idéologie iranienne de la cause palestinienne et de
l'acharnement occidental actuel contre l'autorité palestinienne :
" Toute menace contre la République islamique est une menace
contre les Palestiniens et l’Iran ne restera pas seul face aux
menaces! Nous sommes quotidiennement en guerre contre les sionistes
et toute agression contre l’Iran est une agression contre les
Palestinien . "
Confronté à une crise sans précédent sur sa volonté de doter la
Nation iranienne de la maîtrise de l'énergie atomique, la crise
provoquée par l'avènement du Hamas à la tête de l'autorité
palestinienne est une aubaine pour Mahmoud Ahmadinejad qui profite
de la volonté des nations occidentales de vouloir étouffer financièrement
le peuple palestinien pour s'ériger une nouvelle fois comme la
seule alternative au proche orient à l'impérialisme occidental.
Fidèle à un discours anti-sémite qui lui tient à coeur, le président
iranien a quant à lui comparé de nouveau Israël à "un arbre
pourri et asséché, qui sera anéanti par une tempête".
Parallèlement à ces déclarations, un groupe islamique radical
iranien dit avoir recruté plus de 50 000 hommes prêts à commettre
des attentats contre des intérêts israéliens et les nations
occidentales. Ce mouvement assure aussi qu'un grand nombre de ces
" recrues " ont reçue une " formation " de
kamikaze.
De nombreux observateurs internationaux craignent que le
gouvernement iranien, avec l'appui des religieux chiites du pays,
n'estiment que l'heure ne soit venue de déclencher une "
offensive " idéologique et politique contre les puissantes
nations occidentales et que la crise internationale du dossier du
nucléaire iranien, juxtaposée à l'isolement du Hamas par les
occidentaux et la guerre d'Irak n'en soient les éléments déclencheurs.
Une communauté internationale fragilisée par une Amérique en
guerre perpétuelle dans le golfe, une Europe divisée et désorganisée,
des régimes arabes qui craignent pour la pérennité de leur
autorité remise en cause par une envie américaine frénétique de
démocratiser la région, un sentiment populaire d'injustice
grandissant dans le monde arabo musulman s'islamisant sans cesse,
une colère qui monte dans un Irak à feu et à sang : le piège
d'une intervention armée américaine en Iran tendu par Ahmadinejad
à la Maison Blanche va-t-il bientôt se refermer sur les puissances
occidentales ?
COPYLEFT
2004/2005 by BISMI.NET
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