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Planète non violence
En renforçant ses relations avec Israël,
avec le soutien actif de Kouchner, l'UE se déshonore
Myriam Abraham

Mercredi 10 décembre 2008
Mercredi dernier, le parlement européen - et c'est tout à son
honneur - a suspendu un vote pour entériner un "réhaussement"
des relations UE Israël. Malgré cela, dans un acte de déni de
démocratie, lundi, les ministres des affaires étrangères des 27
états membres ont voté à l'unanimité pour renforcer ces
relations, une inclusion de l'état sioniste dans le cercle
rapproché des états membres. Suite à ce vote, le directeur de
programme du Centre d'Information Alternative de Jérusalem,
Sergio Yahni, a déclaré que ce vote était "un échec du
système légal international... que c'était la première fois
depuis la fin de la seconde guerre mondiale que la communauté
européenne avait effectivement régressé dans le domaine de la
protection des droits de l'homme". C'est un véritable
acte de mépris commis à l'avant veille de la commémoration du
60ème anniversaire de la Déclaration des Droits de l'Homme.
Dans le cadre de ce processus actualisé, en Avril, tous les
chefs de gouvernements des pays membres recevront le nouveau
premier ministre israélien à Bruxelles, qui, selon les derniers
sondages, sera issu du Likoud, un parti de droite en passe de
devenir celui des colons fascistes sionistes. Sous la pression
du gouvernement sioniste, les ministres ont également décidé
d'écarter un plan d'action de l'UE dans le cadre du processus de
paix prévu pour 2009, visant à imposer des objectifs précis pour
avancer dans le cadre des négociations israélo palestiniennes.
Alors que plusieurs états membres (La Grande Bretagne, la
Belgique, l'Ireland, Chypre et Malte) avaient conditionné ce
renforcement des relations bilatérales UE Israël aux progrès
accomplis dans le cadre de ces négociations, la semaine
dernière, la ministre des affaires étrangères Tzipi Livni s'est
précipitée à Bruxelles pour faire du lobbying auprès des
ministres des affaires étrangères mais surtout auprès de Bernard
Kouchner. Ce dernier, en temps que ministre des affaires
étrangères de la France qui assure la présidence tournante de
l'UE jusqu'à fin décembre, joue un rôle prépondérant. A un
moment donné, elle a demandé à chacun des ministres de la
laisser seule en tête à tête avec Kouchner. Pendant la
conversation les deux sont tombés d'accord qu'il n'y aurait pas
de lien entre le renforcement des relations et les progrès
réalisés en matière de négociations avec les Palestiniens, mais
que l'UE publierait simplement une déclaration séparée réitérant
le besoin de continuer les négociations sur le statut final.
C'est aussi Kouchner, sous la pression de Livni qui a donné son
aval pour que le plan d'action de paix, que la France elle-même
avait formulé, ne soit pas contraignant.
Ce renforcement des relations bilatérales permettra au ministre
des affaires étrangères israélien de rencontrer officiellement
ses homologues des 27 pays membres de l'UE 3 fois par an.
D'autres ministres rencontreront leurs homologues européens,
l'UE et Israël mèneront également un "dialogue stratégique" -
activité qui confère à Israël un statut de casi membre de l'UE -
sur des points essentiels tels que le processus de paix, la
"menace iranienne" le contre terrorisme et le crime organisé. En
plus, l'UE s'engage à aider Israël à intégrer les agences de
l'ONU et à inclure des experts israéliens au sein des forces
européennes de maintien de la paix.
Kouchner, sioniste notoire, a donc participé activement à ce
renforcement. Pas étonnant quand on prend connaissance de sa
façon de concevoir le respect des Droits de l'Homme, surtout
lorsqu'il s'agit d'Israël. Ainsi, ce mercredi, dans une
interview accordée au quotidien Le Parisien, a-t-il déclaré :
"Il y a contradiction permanente entre les droits de
l’homme et la politique étrangère d’un Etat, même en
France....On ne peut pas diriger la politique extérieure d’un
pays uniquement en fonction des droits de l’homme. Diriger un
pays éloigne évidemment d’un certain angélisme"
En disant cela, Kouchner révèle son vrai visage celui d'un
manipulateur cynique des Droits de l'Homme à des fins de
politique politicienne. Dans certains cas, comme au Darfour,
pour lui il faut les faire respecter manu militari, et dans
d'autres comme en Palestine fermer les yeux sur les crimes de
guerre israéliens commis à Gaza contre une population civile
palestinienne constituée pour 50% d'enfants, et même, comble de
cynisme immoral, les récompenser par des relations rapprochées
UE Israël.
Pourtant, le rapporteur des Droits de l'Homme de l'ONU, Richard
Falk, vient de déclarer mardi que la politique israélienne
contre les Palestiniens équivalait à un crime contre l'humanité.
Il a dit que c'est une obligation pour le Tribunal Pénal
International d'enquêter sur les politiques d'Israël concernant
les Palestiniens. "Le Tribunal devrait déterminer si les
dirigeants civils israéliens et les commandants militaires
responsables du siège de Gaza doivent être inculpés et
poursuivis pour violation du droit criminel international".
Il a ajouté que le gouvernement israélien était confronté à un
niveau de critiques par des "responsables de l'ONU
habituellement prudents" jamais vu depuis " le
summum de l'Apartheid d'Afrique du Sud". ..."Et
pourtant Israël continue a maintenir son siège de Gaza, dans
toute sa furie, laissant à peine entrer suffisamment de
nourriture et de combustible pour éviter une famine et des
épidémies."
La présidence tournante de la France s'achève le 31 décembre,
mais il n'y a rien à attendre de positif de la République
Tchèque qui prend le relais. Lors d'une visite récente en
Israël, le ministre des affaires étrangères tchéque, Karel
Schwarenberg, a réitéré son total soutien au régime sioniste. La
République Tchèque est l'un des pays membres les plus dévoués
d'Israël au sein de l'UE.
Il y a des élections européennes l'année prochaine, il est plus
qu'urgent de demander des comptes aux candidats sur leur
programme en matière de politique étrangère de l'UE en général,
et plus spécifiquement en ce qui concerne la Palestine.
De cette Europe, et de ses politiciens et technocrates cyniques
et moralement corrompus, qui encouragent les crimes sionistes
contre l'humanité palestinienne, nous ne voulons pas.
© Planète non violence
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