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Le Quotidien d'Oran
Conflit
israélo-palestinien:
Le congrès juif mondial au secours d'Israël
M'hammedi Bouzina Med

Gaza - Photo PCHR
Dimanche 22 août 2010
Mis au banc des accusés par la communauté internationale,
particulièrement par les opinions publiques occidentales, Israël
fait appel à sa diaspora sioniste : il réunit le Congrès juif
mondial à Jérusalem pour une opération… de marketing politique.
Le Congrès juif mondial (C J M) se réunira les 31 août et 1er
septembre à Jérusalem pour mettre en place une stratégie de
réhabilitation de l'image de l'Etat d'Israël aux yeux de
l'opinion publique mondiale. Plus précisément, ce seront les 150
délégués du Conseil d'administration du C M J, venus des cinq
continents, qui vont plancher sur un programme d'actions
concertées ciblant les sociétés civiles, en particulier celles
du monde occidental qui s'élèvent de plus en plus contre la
politique coloniale d'Israël en Palestine et sa violation du
droit international. Il était attendu que le mouvement sioniste
international réagisse aux multiples « mises en accusation » par
la communauté internationale du gouvernement israélien, depuis
ses crimes contre le peuple palestinien dans l'opération « plomb
durci » de l'hiver 2008-09 ; ses agressions meurtrières contre
la flottille humanitaire pour Ghaza et les assassinats de ses
services secrets, hors territoire israélien, de responsables
palestiniens. Pour habiller la rencontre de Jérusalem des vertus
de la générosité et de l'humanisme, le C M J a décidé
d'attribuer, pour la circonstance, un prix spécial (et une
récompense) à la mission humanitaire israélienne qui s'était
engagée dans des opérations de secours en Haïti, au lendemain du
terrible séisme qui l'a frappée en janvier 2010. Elie Wiesel,
prix Nobel de la paix en 1986, recevra lui aussi la grande
distinction et un prix pour sa défense de la mémoire juive et
son soutien inconditionnel à l'Etat hébreu. Rien à dire sur ces
récompenses si ce n'est qu'elles seront remises par les
dirigeants politiques d'Israël, invités à titre officiel au
Congrès des juifs du monde. Le Premier ministre, Benyamin
Netanyahou, sera au côté de l'ex-ministre des Affaires
étrangères Mme Tizipi Livni qui a mené les massacres contre
Ghaza en 2008-09. Ehud Barak, ministre de la Défense sera au
rang des invités de marque ainsi qu'une « brochette » d'autres
militaires et religieux, soit tout ce que compte Israël comme
partisans de « l'épuration » de la Palestine de ses habitants
arabes ou non. Il faut signaler la participation au Congrès de
l'ex-Premier ministre espagnol José Manuel Aznar, attendu pour
un « discours-plaidoirie » pour la défense de la politique
israélienne dans la région. Les organisateurs de la rencontre ne
cachent pas la raison de leur montée aux avant-postes pour la
défense d'Israël. Ronald Lauder, président du C J M, a déclaré :
« Partout, nous assistons à des efforts concertés pour
s'attaquer à la légitimité d'Israël… Boycott, campagnes de
désinvestissement et sanctions sont les plus répandus. Artistes,
universitaires, auteurs écrivains, sportifs, etc. sont interdits
de participation à des événements… Nous devons développer des
initiatives proactives pour défendre l'image d'Israël dans un
environnement mondial de plus en plus hostile à nos positions. »
A cette crainte de l'isolement de l'Etat hébreu, les
observateurs remarqueront que le lobby sioniste a décidé de
tenir son Congrès mondial au cœur de Jérusalem (et non à
Tel-Aviv, capitale d'Israël) comme pour réaffirmer sa volonté de
ne pas négocier son partage avec les Palestiniens. La rencontre
a été programmée au moment même où le chef de l'Autorité
palestinienne, Mahmoud Abbas, s'apprête à reprendre les
négociations de paix avec quelques conditions, notamment celle
de l'arrêt des colonies à Jérusalem-Est. La tenue du Congrès
mondial juif à Jérusalem est une indication, on ne peut plus
explicite, de l'intransigeance du gouvernement de Netanyahou sur
les droits des Palestiniens sur Jérusalem-Est. Autant dire que
la reprise des négociations israélo-palestiniennes est vouée
d'avance à un énième échec. Comment expliquer alors les appels
pressants du Premier ministre israélien à la reprise des
négociations ces dernières semaines ? En fait, pris en flagrant
délit de violation du droit international, mis à nu dans ses
opérations de mercenariat hors de ses territoires, acculé par
une partie de la diaspora juive, notamment le récent mouvement «
J. Call », qui le pousse à la paix en revenant aux frontières de
1967 et en quittant Jérusalem�Est, dénoncé par les opinions
publiques occidentales, le gouvernement sioniste de Netanyahou
tente de faire diversion en convoquant dans la ville, trois fois
sainte et capitale historique des trois religions du livre,
l'autre partie de la diaspora juive pro-coloniale de toute la
Palestine qu'est le C M J. Signe de la volonté d'Israël
d'engager ce qu'il faut comme moyens financiers pour une
opération marketing de son image, la présence au Congrès du
gouverneur de la banque d'Israël, Stanley Fischer. A ce stade de
la politique, reconnaissons aux dirigeants de l'Etat hébreu la
logique dans leur démarche et la fidélité à leur conviction : la
mobilisation du lobby sioniste avec les moyens qu'il faut pour
justifier par la propagande sa politique coloniale et
l'irréversibilité de leur dessein de conquête de toute la
Palestine. Aux Arabes, notamment les voisins d'Israël, d'être
aussi convaincus de la cause palestinienne et d'agir aussi…
intelligemment.
Par notre bureau de Bruxelles: M'hammedi Bouzina Med
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