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Opinion
Les Sans Terre
participent à la récolte des olives
pendant un mois en Palestine
Marcelo Buzetto

Mardi 24 janvier
2012
Un groupe de 17 militants du
MST,
de la Via Campesina du Brésil, du
mouvement “Consulta Popular” et du
Syndicat des Métallurgistes d´ABC
(région métropolitaine de São Paulo) a
passé 30 jours en Palestine et visité
divers territoires occupés par Israël en
1948, en 1967 et des communautés
occupées illégalement après les accords
d´Oslo (1994).
Les militants qui ont effectué ce
séjour d´octobre à novembre 2011, ont
baptisé leur brigade de solidarité
internationaliste du nom de
Ghassan Khanafani, journaliste,
écrivain et révolutionnaire palestinien
assassiné par des agents israéliens au
Liban en 1972.
La brigade a pris part à la récolte
des olives en compagnie des familles de
paysans palestiniens dans une action de
solidarité contre la violence pratiquée
par les colons sionistes-palestiniens et
par l´armée d´Israël qui cherchent à
intimider et à empêcher la réalisation
de ce travail.
Le groupe a participé aussi à la
Première Rencontre des Paysans,
Travaileurs Ruraux et des Pêcheurs de
Palestine, organisée par des
entités telles que l´Union des
Comités de Travail Agricole et l´Union
des Comités de Femmes Palestiniennes,
ainsi que le
Centre d´Information Alternative
et le Mundubat.
Les militants ont pu débattre avec
les organisations locales des étapes
nécessaires à la construction de la
Via Campesina dans le monde arabe.
Ils ont pu également approfondir leur
connaissance de la situation économique,
politique, sociale et culturelle par le
contact avec des organisations
politiques palestiniennes et avec les
mouvements israéliens qui appuient cette
lutte de libération nationale et pour
l´autodétermination.
La brigade a découvert la lutte des
travailleurs israéliens pour le logement
et a rendu visite à un groupe de
familles sans-abri occupant un bâtiment
à Jérusalem et qui ont été expulsées par
la police. Ces familles ont organisé le
Comité pour la Défense de logement
public afin de faire pression sur
le gouvernement israélien pour qu´il
mène une politique de logement qui
réponde aux intérêts des pauvres.
La pauvreté et l’inégalité sociale
explosent dans les villes actuellement
contrôlées par Israël. Dans la vieille
ville de Jérusalem, près du Mur
occidental, site sacré du judaïsme, il
n´est pas rare de rencontrer des hommes
et des femmes israéliens réduits à la
mendicité.
Le groupe de militants a également
rencontré le mouvement « Force Pour
les Travailleurs » (FPT), une
expérience concrète d’organisation
autonome des travailleurs. L’entité est
une nouvelle fédération syndicale,
construite par les luttes des
travailleurs précaires et par d´autres
secteurs sans représentation syndicale.
FPT est un mouvement en construction,
mais a déjà obtenu quelques victoires
importantes telles que les grèves dans
les entreprises chimiques de Haïfa au
début de 2011. Les travailleurs
israéliens et arabo-palestiniens se
syndicalisent, fait sans précédent
depuis la fondation de l’Etat d’Israël
le 15 mai 1948.
Lors d’une visite à Hébron, la
brigade a parcouru la partie de la ville
occupée par Israël en 1967, où ont été
fermés les maisons et les commerces
appartenant aux familles palestiniennes
expulsées dans la cadre de la
transformation d’Hébron en “ville
juive”, obsession des colons sionistes
qui contrôlent une partie de la ville.
Solidarité dans la lutte
La brigade a participé à la
mobilisation du Comité Populaire de
Bil’in, une communauté
cisjordanienne connue pour la
réalisation de manifestations tous les
vendredi contre le mur d’apartheid
construit pour séparer ce village des
colonies implantées par des colons
sionistes après les accords de paix de
1994.
De même que Bi’lin, plusieurs terres
palestiniennes de Cisjordanie ont été
occupées militairement par Israël pour
poursuivre le projet d´expansion
coloniale, ce qui a fait croître les
critiques de la population contre les
accords signés entre l’Autorité
palestinienne et Israël. Comme Israël ne
respecte ni les décisions issues de ces
accords ni les résolutions de l’ONU, les
Palestiniens parlent de la fin et de la
mort du processus de paix initié par des
négociations directes. La lutte et la
mobilisation populaires gagnent en
puissance comme outils principaux pour
vaincre l’occupation israélienne.
Durant la manifestation à Bi’lin, les
soldats israéliens ont lancé des gaz
lacrymogènes et ont tiré contre les
Palestiniens et les internationalistes
du Brésil, du Venezuela, de France,
d’Irlande du Nord et d´Angleterre. Dans
un geste de légitime défense face à
l’attaque des forces israéliennes et des
colons qui ont pris leurs terres, les
jeunes Palestiniens ont répondu avec des
pierres. Une agression similaire avait
déjà été perpétrée contre la brigade et
les agriculteurs palestiniens dans le
village de Jalud lors de la récolte des
olives dans la zone C, territoire de la
Cisjordanie palestinienne sous contrôle
total des troupes israéliennes. Les
colons israéliens avaient ouvert le feu
avec des fusils et avaient agressé les
internationalistes. Peu après l’armée
est descendue sur les lieux avec les
soi-disant ”armes non-létales”.
La brigade internationaliste
Ghassan Khanafani est un
exemple de plus, et concret, de la lutte
des travailleurs pour construire une
société nouvelle, plus juste, plus
démocratique et véritablement humaine:
la société socialiste, qui dépassera les
limites créées par le monde du capital.

Source:
http://www.mst.org.br/Brigada-de-Solidariedade-Internacional-fica-30-dias-na-Palestina
Traduction française :
Thierry Deronne
Pour soutenir le MST, on peut
écrire à Salete Carollo,
prointer@mst.org.br
Pour une information continue
en français sur les activités du MST,
http://mouvementsansterre.wordpress.com/
Marcelo
Buzetto Collectif de Relations
Internationales et membre de La Brigade
de solidarité en Palestine Du
Jornal Sem Terra*
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