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Le Quotidien d'Oran
Pourparlers de
Washington, un remake annoncé
Kharroubi Habib

Mardi 24 août 2010
C'est avec une satisfaction jubilatoire que Benjamin
Netanyahu a accueilli l'annonce faite par la secrétaire d'Etat
Hillary Clinton de la reprise à Washington, le 02 septembre, des
pourparlers directs entre Palestiniens et Israéliens. Ce ne fut
pas le même sentiment qui s'est dégagé de la réaction du
président de l'Autorité à la même annonce. Et pour cause,
Mahmoud Abbas sait que cette reprise à laquelle il a donné son
accord forcé et contraint n'augure rien de bon pour la cause du
peuple palestinien et n'a été acceptée côté israélien qu'au prix
de son renoncement à toutes les exigences et préalables auxquels
il l'avait conditionné.
Dans ces conditions, cette reprise des pourparlers directs
s'annonce comme un remake des négociations du même genre que
Palestiniens et Israéliens ont eu depuis les accords d'Oslo.
C'est-à-dire que les négociateurs israéliens n'étant obligés par
aucune «feuille de route» fixant leur fond, ils se refuseront à
discuter de la levée des obstacles qu'ils mettent à la création
d'un Etat palestinien.
Le président palestinien ne sera pas en position de forcer son
interlocuteur israélien dès lors que les parties internationales
qui ont plaidé cette création en tant que solution au conflit
palestino-israélien ont fait pression sur lui pour reprendre les
pourparlers directs tout en sachant que pour Natanyahu et son
cabinet cette perspective est totalement exclue. Tout ce qu'ils
ont déclaré ou fait depuis qu'ils sont au pouvoir en Israël est
allé dans ce sens en ne suscitant que de timides remontrances
internationales même quand leurs initiatives consistent en
l'extension de la colonisation juive en Cisjordanie et à
Jérusalem Est et s'accompagnent d'une tentative d'épuration
ethnique. Mahmoud Abbas est pris au piège de la duplicité des
acteurs internationaux sur l'appui desquels il a fondé sa ligne
de conduite à l'égard de l'état hébreu.
Ces mêmes acteurs lui avaient promis, à l'occasion de tous les
rounds des négociations directes qui ont eu lieu entre
Palestiniens et Israéliens, que la question de la création d'un
Etat Palestinien est chose réglée. Une échéance, celle de 2005,
avait même été solennellement avancée. En 2010, cette création
n'est rien moins qu'une utopie, ce que démontre la réalité de la
situation sur le terrain. Même pour les «parrains»et autres
protagonistes dans la recherche d'une solution au conflit
palestinien-israélien, elle ne semble plus d'actualité à partir
du moment où ils ont renoncé à l'imposer de façon franche et
déterminée à l'Etat sioniste et ferment les yeux sur ce qu'il
fait pour la rendre impossible. Malgré cette évidence, Mahmoud
Abbas est contraint de retourner «à la table des négociations».
Il est forcé et contraint d'y aller sinon c'est lui et la partie
palestinienne qui seront désignés en tant «qu'empêcheurs de
faire la paix» par ceux-là mêmes qui, par leur complicité
assumée avec Israël ou par impuissance, ont conforté cet état
dans la poursuite de sa politique à l'égard des Palestiniens,
qui se résume au refus d'un Etat national pour ceux-ci et la
perpétuation de son occupation de leurs territoires aux
frontières officiellement reconnues par la communauté
internationale.
Le 02 septembre donc, l'on assistera à un grand show
diplomatico médiatique au seul bénéfice électoral de Barack
Obama et de Netanyahu qui aura ainsi l'opportunité de briser
l'isolement international dont son cabinet est l'objet. Quant
aux Palestiniens, rien ne changera pour eux dans le fond, à
savoir qu'ils doivent compter sur eux-mêmes pour faire avancer
leur cause nationale.
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