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L'UOIF et la question palestinienne
Fouad Alaoui

Fouad Alaoui
Jeudi 16 avril 2009 Parler
de la Palestine, est pour moi une question d’honneur. En tant
qu’être humain, j’assiste avec impuissance à une injustice
commise à l’encontre d’un peuple à qui on a ôté son droit à une
vie digne d’un être humain. Un peuple à qui on a dit que ta
terre est une terre sans peuple destinée à un peuple sans terre,
et qui lui est promise.
Ne parlez plus de démocratie
Ne prétendez plus la sympathie
A l’égard des peuples anéantis
Par la misère, les guerres ou les épidémies
Pourquoi ce silence et ce parti pris
Des médias pour qui la conscience suffit
Le sang des enfants n’a plus de prix
Utilisez-le pour écrire, ils vous diront
merci
Laissons parler les
chiffres et l’histoire
La Palestine, c’est l’histoire d’un peuple à
qui on a imposé des conditions de vie inhumaines, et on a planté
sur sa terre plus de 300.000 colons. Les colonies par centaines
encerclent les villes et les villages des palestiniens dans ces
territoires.
En 1948, plus de 84% de la superficie de
Jérusalem ouest a été prise en main par le nouvel colonisateur,
et à 100 % en 1967.
En 1947, les nations Unies, en une période où
la colonisation des pays et l’asservissement des peuples battent
leur plein, décident de partager cette terre sans peuple entre
les autochtones (palestiniens, arabes) et les nouveaux arrivants
(les juifs). 54% aux juifs et 45 % aux arabes, et 1% Jérusalem
décrétée zone internationale.
En 1948, 900.000 palestiniens sont réduits au
statut de réfugiés.
En 1967, 300.000 palestiniens supplémentaires
subissent le même sort. Au début des années 2000 (2002) 50% de
la population palestinienne a le statut de réfugiés ; plus de 5
millions de personnes. Malgré ceci la grande majorité des
familles garde encore sur elle ses titres de propriété et même
les clés de leurs maisons, qu’elles ne désespèrent pas rejoindre
un jour. Les deux territoires palestiniens Cisjordanie et Gaza
constituent moins des 23 % de l’ensemble de la Palestine.
Les travailleurs palestiniens ont le statut
de travailleurs journaliers au statut extrêmement précaire.
De l’autre côté, 80% des juifs qui ont
débarqué en Palestine sont des Ashkinaz venant essentiellement
d’Allemagne, des EUA et des pays de l’Europe de l’Est ; qui
n’ont aucun lien ni historique ni ethnique avec la Palestine.
Les juifs durant le XIXe et la moitié du XXe
siècle ont subit humiliation et génocide en Europe, ils étaient
l’Homme à abattre, toutes les accusations étaient portées contre
eux. Le monde musulman les a accueillis à bras ouvert. Cette
attitude du monde musulman n’était pas une faveur, mais une
position qui trouvait ses racines dans l’essence même de la
religion musulmane et de ses valeurs. Nous les musulmans de
France, et d’Europe nous sommes fiers de cet héritage et nous en
sommes les porteurs et les défendant.
Jamais l’Islam n’a enseigné la haine envers
l’autre pour ce qu’il est. Nous continuons à dire que celui qui
porte atteinte à la dignité d’un être humain, quelque soit sa
religion, ou ses croyances, nous nous y opposerons et à défendre
leur dignité touchée.
Notre soutien à la cause palestinienne n’est
pas pour nous un soutien communautaire, mais un soutien à une
cause universelle juste ; et nous aurions aimé qu’il y ai un
consensus en France sur ce sujet, surtout entre nous et les
principales familles religieuses françaises, et précisément nos
concitoyens de confession juive.
Le projet sioniste porte atteinte à l’image
des juifs de partout dans le monde, il les utilisent et les
instrumentalise. Heureusement, qu’il existe encore des juifs qui
refusent cette instrumentalisation et ne se reconnaissent pas
dans cette idée du rassemblement des juifs dans un espace
géographique donné motivé par un prétendu droit de retour à une
terre promise. Nous ne ménagerons aucun effort pour faire
revenir les institutions représentatives juives de France à la
raison et au sens de la responsabilité collective et citoyenne.
Nous tenons fermement à la paix et à la
stabilité sociale de notre pays, et nous voulons que cette
volonté soit partagée par toutes les familles religieuses.
Lors des derniers événements en Palestine
occupée on a entendu des rumeurs qui annonçaient l’installation
d’un climat de tensions « communautaires » entre musulmans et
juifs de France.
En réalité, les musulmans de France, à
l’instar de l’immense majorité des citoyens, a très mal perçu
l’aliénation inconditionnelle des autorités juives de notre pays
aux côtés de l’oppresseur israélien en lui exprimant sa
« confiance » et son soutien. Cette position a blessé les
citoyens épris de paix et l’ensemble des musulmans de France.
Les musulmans de France ne font aucun
amalgame entre la politique meurtrière de l’occupant israélien,
et leurs concitoyens juifs en France ou ailleurs.
La situation actuelle en Palestine, et depuis
plusieurs décennies, n’est pas le résultat d’une guerre entre
l’Islam et le judaïsme, mais plutôt entre un occupant et un
occupé qui demande que justice lui soit rendue. Au même temps,
nous voulons que notre pays, et ses responsables politiques
soient à la hauteur de ses principes fondateurs, qu’ils soient
du côté de l’opprimé, et qu’il dénonce l’agresseur. Nous sommes
contre l’antisémitisme. Par contre, aucune communauté
religieuse, ou autre, n’est à l’abri de l’extrémisme ni des
illogismes de l’errance et de la bêtise humaine.
Nous avons toujours dit, et je le réitère
aujourd’hui, il est hors question pour nous d’importer le
conflit israélo-palestinien en France. Par contre, nous
entendons des voix malveillantes qui utilisent cette affirmation
pour stigmatiser toutes les voix qui s’élèvent pour dénoncer le
crime qui s’opère en Palestine, et cherchent à réduire ces voix
à un silence complice. La vraie importation du conflit s’opère
lorsqu’on organise des galla pour soutenir l’armée d’occupation
israélienne.
Nous refusons le face-à- face musulmans et
juifs au sujet de la question palestinienne. Cette juste cause
doit concerner toutes les familles religieuses de France, ainsi
que toutes les forces vives de notre pays.
QUEL SONT LES ELEMENTS
D’UNE SOLUTION OU D’UNE PAIX JUSTE ?
On en est à la 4ème génération depuis
l’occupation de la terre de Palestine. Le rêve sioniste, que les
Palestiniens disparaissent en se fondant dans le monde arabe
environnant ou qu’ils ne soient plus en situation de réclamer
leurs droits est hors d’atteinte. Aucune paix juste ne sera
possible tant que le projet sioniste sera à l’œuvre parce que ce
projet a toujours reposé et repose sur la négation de la
Palestine et du droit à l’existence de son peuple. Une paix
juste se conçoit sur la base d’un retour de tous les réfugiés
palestiniens sur leurs terres et la terre de leurs ancêtres.
Il est injuste d’autoriser une immigration
massive sur la terre palestinienne de toute personne qui se
déclare de confession juive, en lui apportant toutes les
conditions d’une bonne vie, et au même temps mettre en œuvre
tout un arsenal répressif pour obliger les populations
autochtones palestiniennes à quitter leurs terres et leur pays !
Non c’est de la pure injustice, et nous exhortons toutes les
forces vives de notre pays à le dire fort sans aucune
hésitation.
Une paix juste se conçoit si on offre au
peuple palestinien une vie en sécurité sur des frontières sûres
et un Etat souverain qui rassemble toutes ses composantes. Nous
refusons toutes les démarches qui visent à séparer le peuple
palestinien soit par des murs de la honte et de l’apartheid,
soit par des prétendus états sur des territoires sur lesquels
aucune souveraineté ne s’exerce.
Une paix juste doit permettre à tous les
palestiniens de choisir eux-mêmes la forme et le contenu de leur
Etat souverain dans lequel ils se reconnaîtront, et dont
Jérusalem est sa capitale. Un Etat souverain qui garanti
l’égalité entre ses citoyens au-delà de leurs confessions ou de
leurs origines.
Nous appelons du fond de notre cœur nos
concitoyens juifs de France à rejoindre cette cause juste du
peuple palestinien. Le judaïsme ne doit pas demeurer l’otage de
l’idéologie, ni du projet sioniste. Le projet sioniste altère la
pureté de la religion monothéiste juive. Nos concitoyens juifs
sont pour nous, les musulmans de France, des compagnons de route
sur le chemin de la construction d’une société juste et
fraternelle où nos fois respectives doivent conjuguer leurs
efforts pour être en conformité avec leurs fondements.
Enfin, nous affirmons notre soutiens au
peuple palestinien et nous seront à ses côtés durant ces moments
difficiles, mais que chacun sache qu’aucune juste cause ne se
perd tant qu’il y a des hommes et des femmes qui la défende.
Les enfants de Gaza ont
appris à toi et à moi
Que même si on démolit ton toit
Garde ta tête haute et montre ta joie
Car l’honneur d’un peuple réside dans sa foi
Fouad Alaoui, Vice-président de l’UOIF
Publié le 28 avril 2009 avec l'aimable
autorisation d'Oumma.com
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