|
|
Le Web de l'Humanité
Les réfugiés palestiniens au cœur de la
paix
Charlotte Bozonnet

Camp de Refugies Palestiniens Liban
Copyright BAR ELYA
Lundi 30 mars 2009
Palestine . Les réfugiés palestiniens se sont invités à
Saint-Denis, à l’occasion de la conférence sur le droit au
retour organisée par Fernand Tuil. Ils sont venus de Syrie, de
Jordanie, du Liban, de Cisjordanie (ceux de Gaza n’ont pas pu
faire le déplacement), pour témoigner de l’exil, de cette
« injustice historique » qui les prive de leur terre de puis
soixante ans. Les 28 et 29 mars, s’est tenue, à Saint-Denis, la
2e Conférence internationale sur le droit au retour des réfugiés
palestiniens, organisée par l’Association pour les jumelages
entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes
françaises (AJPF). Près de 60 représentants réfugiés
palestiniens y participaient, mais aussi des responsables
associatifs français et des personnalités politiques
palestiniennes, françaises et européennes (1), venus exprimer
leur solidarité et discuter des actions politiques à mener pour
que le droit au retour soit enfin appliqué. Un véritable
événement.
Intimidations et discriminations
Tous ont rappelé que la question des réfugiés est au coeur de
la résolution du conflit israélo-palestinien. « L’histoire de la
cause palestinienne est indissociable de celle de ses
réfugiés », a souligné Hind Khoury, déléguée générale de
Palestine en France, après que Patrick Braouezec, député de
Seine-Saint-Denis, eut salué les délégués et répété son
engagement pour la création d’un État palestinien auprès de
celui d’Israël.
En Cisjordanie, au Liban ou en Syrie, tous les réfugiés
partagent la souffrance de l’exil et la lutte pour le retour.
Khadir Dibs vient du camp de Shoufat, jumelé avec Limay
(Yvelines). « Nous sommes confrontés à toute une série de
mesures de discrimination et d’intimidation de la part d’Israël,
car notre camp est le seul qui se trouve au cœur de Jérusalem
Est », explique-t-il. Hausse des impôts, non-renouvellement des
cartes d’identité, discrimination à l’emploi, construction du
mur : tout est mis en oeuvre pour la judaïsation de Jérusalem
voulue par Israël. Milad Salameh habite, lui, le camp de Nahr
El-Bared, au nord du Liban, jumelé avec la ville de Mitry-Mory.
Et lieu d’affrontements très durs entre, d’une part, une faction
islamiste palestinienne, d’autre part l’OLP et l’armée
libanaise. Depuis, 13 000 personnes y campent dans des abris de
fortune, les autres ont été accueillies dans d’autres camps.
« Le lieu était, avant 2007, une place commerciale. L’embargo,
imposé depuis, y a créé une situation de grande détresse et de
pauvreté. Nous nous battons pour que le camp soit reconstruit,
car il est notre identité », explique Milad. Raja Deeb,
responsable de l’association Aidoun (« Nous reviendrons »), vit,
lui, à Damas en Syrie, avec 450 000 réfugiés palestiniens. Là,
les conditions de vie sont assez semblables à celles de la
population syrienne. « Notre problème est politique, souligne
Raja Deeb. Il est lié à l’exil et à l’occupation de nos terres.
Toutes nos activités politiques sont tournées vers la question
du droit au retour. »
Non respect de la résolution de l’onu
« Notre cause est d’une grande simplicité, a rappelé Ahmed
Muhaisen, coprésident palestinien, avec Fernand Tuil, de l’AJPF.
Le droit au retour doit s’appliquer à tous les réfugiés
palestiniens sans exception. » Et ce, en application de la
résolution 194 de l’ONU, qu’Israël a signée mais toujours
refusée de respecter, et qu’il continue d’évacuer des
discussions de paix, dans un silence complice de la communauté
internationale, États-Unis et UE en tête. Jean-Jacques Paris,
secrétaire général de l’ANECR, a annoncé l’envoi d’une
délégation de 103 élus français et représentants associatifs en
avril en Cisjordanie. Patrick Le Hyaric, directeur de
l’Humanité, qui dirige la liste du Front de gauche en
Île-de-France aux prochaines européennes, est venu souligner la
responsabilité de l’Europe, a dénoncé le rehaussement des
relations entre l’UE et Israël, et a rappelé le combat légitime
pour la libération du jeune Franco-Palestinien, Salah Hamouri,
ainsi que celle de Marwan Barghouti. À l’issue de la conférence,
il a été décidé de lancer des jumelages croisés en partenariat
avec des villes d’Europe.
(1) Parmi les personnalités présentes : la sénatrice Alima
Boumediene-Thiery ; le député et maire de Chambly, Michel
Françaix ; le maire de Pierrefitte, Michel Fourcade ; Stéphane
Peu, adjoint au maire de Saint-Denis…
© Journal
l'Humanité
Publié le 31 mars 2009 avec l'aimable autorisation de
l'Humanité.
 |