Les pratiques du régime égyptien envers la
cause palestinienne pendant l’année 2009 ont été le couronnement
de ce qui a été appelé le processus de paix qu’avait commencé
Sadate en signant les Accords de Camp David, et dont le but
était de lever toute illusion et tout mensonge sur le
projet de paix arabo-israélien, dont le régime égyptien a joué
le rôle de premier parrain. Et voilà que nous nous
retrouvons aujourd’hui avec un mur de séparation construit
par le gouvernement égyptien dans les profondeurs de la terre
afin de renforcer encore plus le blocus sur la Bande de
Gaza. S’ajoutant aux fanfaronnades sans précédent du régime
égyptien en réponse aux critiques concernant la construction du
mur, l’interdiction jusqu’à ce jour faite à la caravanes de la
Gaza Freedom March d’entrer dans la Bande de Gaza, au
prétexte que les organisateurs de la caravane persistent à ne
pas respecter les mesures obligatoires de passage à travers le
territoire égyptien, l’adhésion totale à la confrontation
entre le Mouvement Fatah et l’Autorité Palestinienne d’une part
et le Hamas d’autre part, lequel, malgré toutes les
contradictions, représente toujours l’obstacle dressé sur le
chemin du règlement défaitiste dans lequel marchait la cause
palestinienne sous le commandement du Fatah.
Le processus de règlement pacifique entamé
par le régime égyptien a conduit, en fin du compte, à une
correspondance parfaite entre ce que veut le régime israélien et
ce que fait le régime égyptien, qui contribue à son exécution
sur le terrain. Il s’agit, en effet, de l’asphyxie du mouvement
Hamas dans la Bande de Gaza après l’échec de la machine
militaire israélienne dans sa tentative de destruction pendant
l’agression de Décembre 2008-Janvier 2009. Cela fait, en effet,
un an qu’Israël a lancé son attaque contre Gaza, tuant 1400
Palestiniens et faisant des milliers de blessés, essentiellement
parmi les civils vivant dans la Bande. L’objectif de l’attaque
n’était que la destruction du Hamas et son élimination de la
Bande par la force militaire, vu que ce mouvement était devenu
un obstacle à la liquidation de la cause avec la complicité des
dirigeants du Fatah et de l’Autorité Palestinienne.
Mais malgré la destruction qui a affecté la Bande de Gaza, la
guerre n’a pas éliminé le Hamas. C’est pourquoi le régime
égyptien est intervenu avec une nouvelle campagne de pressions
sur le mouvement, en profitant d’une situation où le Hamas a
besoin d’argent pour la reconstruction. Argent que les
gouvernements européens et arabes ont donné dans une tentative
de se laver de la honte de leur participation à ce massacre que
ce soit en actes, en paroles ou par leur silence. Les
marchandages ont commencé en proposant au Hamas l’argent de la
reconstruction en échange de son abandon du pouvoir dans la
Bande de Gaza, de sa reconnaissance d’Israël et de son
acceptation inconditionnelle de la feuille de route égyptienne.
Ladite feuille de route vise au retour de la situation à son «
juste cours juste », ce qui, selon le gouvernement égyptien –
dont l’avis est partagé par l’Autorité Palestinienne et Israël,
bien entendu – signifie le retour à la situation qui prévalait
avant la victoire du Hamas aux dernières élections
législatives et avant sa prise de contrôle militaire sur la
Bande de Gaza.
La question, ici, n’est pas de défendre le
maintien au pouvoir du Hamas à Gaza, mais de montrer le point
auquel le régime égyptien est arrivé avec ses pratiques qui
concordent avec celles du régime israélien. En effet, le régime
égyptien affame de facto les Palestiniens de la Bande et pas
seulement le mouvement Hamas, et marchande sur tout, à commencer
par l’argent de la reconstruction en passant par les aides
humanitaires envoyées par les peuples.
Le régime égyptien fait pression avec une
force tyrannique afin de liquider le mouvement Hamas, mouvement
qui, malgré toutes ses contradictions qui ont contribué à son
enfermement à l’intérieur de la Bande, a représenté, pendant
toute la période écoulée, un obstacle à l’agenda de Mahmoud
Abbas, qui prévoit un règlement désavantageux avec l’entité
sioniste et qui abroge tous les droits du peuple palestinien, et
désavantageux même du point de vue de la solution à deux États,
car elle annule le droit au retour des réfugiés et légalise la
situation des colonies sionistes qui dévorent de vastes terres
en Cisjordanie. Solution qui annule, également, le droit du
peuple palestinien à avoir Jérusalem comme capitale et rend la
souveraineté du peuple palestinien presque inexistante sur sa
terre à cause du contrôle israélien sur tous les points de
sortie et à cause, également, du morcellement du territoire de
la Cisjordanie par des centaines de passages, points de
contrôles et barrages de sécurité.
Le régime égyptien, l’Autorité Palestinienne et ceux qui sont
derrière eux, ceux qu’on appelle le « Camp des modérés »,
poussent de toutes leurs forces vers le chemin de ce règlement
afin de se débarrasser de la question palestinienne dans son
entièreté et afin qu’il soit possible d’ouvrir, par la suite,
tous les canaux de la normalisation avec Israël, ouvertement et
sans aucun embarras.
De plus, la bataille pour la liquidation du Hamas n’est qu’une
partie de la bataille avec l’Iran, contre lequel ce qu’on
appelle le « Camp des modérés » - avec à sa tête l’Egypte – mène
une guerre par procuration pour le compte des USA.
Le régime égyptien a également ses propres
équations, puisque depuis l’arrivée d’Obama à la Maison Blanche
et après sa visite en Egypte, il est devenu clair que la
nouvelle administration usaméricaine va avoir de plus en plus
besoin des services du régime égyptien dans la région, étant
donné qu’il y a une confrontation avec le régime iranien, un
blocus contre le Hamas afin de le liquider et d’ouvrir la voie,
par la suite, au processus du règlement et de la liquidation de
la question palestinienne une fois pour toutes, tout cela sans
oublier les autres foyers de résistance à l’hégémonie
usaméricaine auxquels faire face. En échange de tout cela, les
critiques virulentes de l’administration usaméricaine envers le
régime égyptien en ce qui concerne la démocratie et les réformes
ont totalement cessé, et c’est de cela dont a besoin le système
actuellement, à savoir de se mettre totalement à l’abri de
l’administration usaméricaine pendant qu’il prépare et exécute
le projet de succession à Moubarak.
Ce à quoi nous assistons aujourd’hui
représente le plus bas degré de régression qu’ait atteint
Moubarak et sa bande au pouvoir face à un peuple affamé par le
blocus qui lui est imposé, une cause juste sur le point d’être
liquidée et des intérêts sionistes et impérialistes soutenus
ouvertement et inconditionnellement. Ce que représente le régime
au pouvoir en termes de mal et de corruption s’est étendu en
dehors des frontières égyptiennes pour toucher les peuples
voisins qui n’ont rien à voir avec la collaboration de Moubarak
et de son régime et sa dépendance vis-à-vis l’impérialisme. Le
rôle que jouent, aujourd’hui, Moubarak et son régime les mettent
en première position dans le concours pour obtenir le titre de
premier policier de l’impérialisme dans la région, rôle
semblable à celui du régime du chah Reza Pahlavi en Iran
juste avant sa chute lors de la révolution populaire de 1979 ;
mais le régime égyptien joue un rôle encore plus vil.
Alors, devrions-nous nous attendre à ce que Moubarak et son
régime prennent fin suite à une révolution égyptienne qui puisse
faire tomber le chah égyptien ?
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