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Planète non violence
Les
Palestiniens et le siège colonial
Bashir Abu-Manneh 
Photo Planète non violence
6
octobre 2007
Une analyse sans concession des effets dévastateurs
du colonialisme sioniste sur le peuple palestinien, la violation
de tous ses droits, avec, hélas, la complicité d'une partie de
«l'élite » palestinienne. A lire pour ne pas être dupe des
mensonges sionistes, et pour refuser de soutenir ce qui semble être
un nouvel « Oslo » prévu pour novembre, avec les mêmes
acteurs, dont certains palestiniens collaborateurs prêts à
vendre les droits inaliénables et la terre de leur peuple pour un
plat de lentilles. MD
S'il y a une phrase courte qui peut décrire la réalité
palestinienne sous occupation israélienne aujourd'hui, c'est
celle-ci : Subir un siège permanent sans se rendre. (1)
Mon but dans le texte qui suit c'est, premièrement, de défendre
la justesse de cette déclaration. Depuis les accords d'Oslo de
1993, l'occupation par Israël de la Cisjordanie et de Gaza s'est
développée sous la forme d'un siège colonial, atomisant
graduellement et étranglant l'économie et la société
palestinienne. Aggravé par un boycott international, le niveau de
pauvreté oscille actuellement entre 70 et 80 %, avec un taux extrême
sans précédent de chômage et une dépendance croissante sur
l'aide alimentaire. (2) Deuxièmement, bien que la politique israélienne
soit principalement à blâmer pour cette détérioration
drastique des conditions de vie des palestiniens depuis 1993, l'élite
nationale sécuritaire palestinienne est loin d'être innocente.
Ils ont, en fait, joué un rôle junior mais pivot en créant ce
nouveau régime. En légitimant la dépossession continuelle de
leur peuple et la domination par Israël, ils ont fini par
corrompre les aspirations nationales palestiniennes pour la
justice et l'auto détermination. Sans projet alternatif en vue,
le fondamentalisme religieux s'est vu confier la charge du
nationalisme abandonné, et a augmenté drastiquement sa propre
assise politique populaire. Troisièmement, le siège et la
capitulation génèrent éventuellement une résistance de masse.
Comme avec la première Intifada à la fin des années 80, qui a
conduit à Oslo, les palestiniens se sont de nouveau révoltés
dans le cadre d'une protestation populaire contre la colonisation
et le déni national. Et avec l'Intifada al-Aqsa de septembre
2000, la résistance a été re légitimée. (3) Cette fois ci,
les conditions étaient bien pires : il y avait peu de réserve en
matière de pouvoir social et de poids politique. Les attentats
suicide ont exprimé le désespoir croissant et la captivité des
palestiniens, et la lutte armée a remplacé l'accent mis
auparavant sur une participation politique de masse. J'examine ces
nouvelles formes de résistance et scrute leurs possibilités
d'obtenir une décolonisation sous des conditions de siège
continu, le factionnalisme Hamas Fatah, et une absence de stratégie
unifiée.
Atomisés et Encerclés
Le siège (ou bouclage) est sans doute
l'instrument le plus pernicieux du contrôle colonial et des
punitions par Israël. Cela veut dire à la base un déni du droit
des palestiniens à la liberté de mouvement à travers
l'utilisation de centaines de barrages et de points de contrôle,
au total au nombre de 546. Le bouclage ne restreint pas seulement
le mouvement des biens et des personnes vers l'extérieur, entre
la Cisjordanie et Gaza, de même que de l'un de ces territoires
vers Israël ou le monde extérieur. De même, il bloque la liberté
de mouvement en interne en Cisjordanie. En revenant en arrière,
initialement imposé lors de la première Intifada de 1991, ce régime
a été consolidé et incorporé dans Oslo, pour être ensuite
massivement intensifié depuis le début de la deuxième Intifada.
Résultat : aujourd'hui 40 % de la Cisjordanie est inaccessible
aux palestiniens.
Dans un rapport récent de la Banque Mondiale sur les restrictions
de mouvement en Cisjordanie, Israël a été fortement critiqué
pour la façon dont « le bouclage a été mis en application sous
forme d'un ensemble de politiques compliquées et de pratiques qui
ont fragmenté le territoire en des cantons encore plus petits et
déconnectés. (4) Tout en reconnaissant (mais sans remonter plus
profondément jusqu'aux racines du conflit) que les préoccupations
sécuritaires d'Israël sont « indéniable et doivent être pris
en compte » le rapport déclare clairement que :
« … C'est souvent difficile de
réconcilier l'utilisation du bouclage pour des raisons sécuritaires
de son utilisation pour étendre et protéger l'activité de
colonisation et le relativement libre mouvement des colons entrant
et sortant de la Cisjordanie…. Il est aussi difficile de
justifier l'application discriminatoire du zonage et les règles
de planification qui minimisent le pourcentage de terres
disponible pour la croissance normale et le développement
palestinien qui sont comme…. Il en résulte que l'économie
palestinienne a été complètement dévastée et est sur le point
de s'effondrer : l'effet concret de cet espace économique morcelé
est que un jour donné, la capacité de se rendre à son travail,
son école, aux magasins, aux centres de santé, et sur les terres
agricoles est très incertaine, et sujette à des restrictions
arbitraires et des délais. »
La plupart de tout cela est connu depuis des années. En fait, il
y a quatre ans, Salem Ajluni, économiste en chef à l'ONU, a décrit
l'étranglement économique par Israël des territoires occupés
comme un acte délibéré d'appauvrissement - - en fait de faire
plonger dans la misère - - un processus sans précédent dans
l'histoire moderne palestinienne. (5) Avec le récent boycott économique
et politique du gouvernement palestinien suite à la victoire électorale
du Hamas en janvier 2006, le siège a été renforcé par des
restrictions encore plus dures. Comme partie de ce que le
rapporteur spécial sur les droits humains dans les territoires
occupés, John Dugard, a appelé « une coercition économique
pour un changement de régime » les palestiniens ont été encore
plus étranglés : « dans les
faits, le peuple palestinien a été traité ainsi… (Ils) ont été
soumis à la forme la plus rigoureuse possible de sanctions
internationales imposée dans les temps modernes. » (6)
Donc, ce qui a commencé comme une «
mesure de bureaucratie militaire ad hoc, s'est cristallisée en
une stratégie israélienne pleinement conscience avec un but
politique clair : la séparation entre les deux peuples avec une
apparence de séparation politique, mais avec un seul gouvernement
- - Israël - - ayant le pouvoir effectif de façonner les destinées
des deux. » (7) Si la stratégie d'Israël avant la première
Intifada était l'exploitation et une inclusion partielle de la
classe des travailleurs palestiniens dans l'économie israélienne
comme main d'œuvre migrante journalière, depuis 1991 Israël a
fait marche arrière vers son but originel sioniste de totale
exclusion. (8) Alors, comme l'Apartheid en son temps, le sionisme
combine la séparation politique avec l'exclusion économique.
Azmi Bishara a décrit la logique du colonialisme sioniste comme «
séparation à l'intérieur de la séparation ». Ce
colonialisme déplace les gens, confisquent leurs terres où les
contournent (ce terme, qui s'applique souvent aux routes, est
pertinent). Il « développe »
la terre pour la colonisation, mais pas pour ses habitants. (9)
Par conséquent, le processus de conquête sioniste et de siège
rappelle plus le traitement par les blancs des indiens autochtones
en Amérique du Nord que celui des noirs sous le régime
d'Apartheid en Afrique du sud. (10 Comme Fayez A. Sayegh le dit : «
le Peuple de Palestine a perdu non seulement le contrôle
politique sur son pays, mais de même l'occupation physique de son
pays : il a été privé non seulement de son droit inaliénable
à l'auto détermination mais aussi de son droit élémentaire à
exister sur sa propre terre. » (11)
Un effet majeur d'une telle limitation, inégalité, et séparation
cela a été une aliénation sociale et politique croissante. Non
seulement les palestiniens occupés ont été aliénés de leur
propre direction parce qu'elle a échoué à leur fournir une indépendance
politique et continue de bénéficier de passes de VIP permettant
de voyager librement, mais ils sont également devenus étrangers
à leur propre pouvoir et capacité collective. Ce qu'Amira Hass
appelle « vol de l'espace et du
temps « collectif par Israël est ainsi expérimenté
comme une masse de mesures bureaucratiques et de restrictions
arbitraires que les gens doivent affronter et à travers
lesquelles ils doivent naviguer en temps qu'individus
quotidiennement, tuant leur sentiment de spontanéité, leur
capacité à planifier, et la normalité du quotidien, et résultant
dans une « privatisation de
l'occupation à travers le sentiment croissant d'insécurité
personnelle, d'incertitude, et d'impotence. » (12)
Stratifiés et segmentés, les palestiniens ont donc du porter sur
leurs épaules le poids lourd du siège en tant «
qu'individus et familles plutôt qu'en tant que collectivité
nationale: « autrefois j'avais l'habitude de rêver d'un état «
a dit un cameraman palestinien à Hass, «maintenant
je rêve de pouvoir passer de l'autre côté du point de contrôle
d'Erez. » (13) Une telle atomisation et vulnérabilité
engendrera finalement une forme de résistance très particulière,
une résistance isolée et désengagée de toute politique de
masse organisationnelle, comme j'argument ci-dessous.
Le fait que cela a été effectivement la conséquence voulue
d'Oslo est particulièrement claire dans un rapport de
l'organisation israélienne des droits de l'homme B'Tselem de
2002. Vol de terre : la politique d'installation d'Israël en
Cisjordanie montre clairement comment la colonisation a toujours
été un projet vigoureux et systématique sponsorisé et mené
par l'état. (14) impliquant une «
interventions massive » de l'armée israélienne sous les
gouvernements à la fois du Likoud et des Travaillistes depuis
1967. Les terres palestiniennes ont été saisies et délimitées
pour établir et étendre les colonies, en violation des lois
internationales et des résolutions de l'ONU. Ce processus s'est
vraiment intensifié avec Oslo, menant à une «
augmentation dramatique des colonies » et, pratiquement,
à un doublement du nombre de colons en Cisjordanie de 1993 à
2001. De fait : « l'augmentation
la plus marquée de construction de logements pour les colons a été
enregistrée en 2000, sous le gouvernement dirigé par Ehud Barak
quand ils ont commencé la construction de 4 800 logements. »
Le fait de s'accaparer des terres est une preuve non équivoque
que les colonies israéliennes dans les territoires occupés
palestiniens constituent une violation sérieuse de l'Article 49
de la IVe Convention de Genève : «
la puissance occupante ne déportera pas ou ne transfèrera pas sa
propre population civile dans le territoire qu'elle occupe. »
Les colonies et les routes de contournements violent également
les droits des palestiniens à l'auto détermination et à un état,
à l'égalité, la propriété, des conditions de vie adéquates,
et la liberté de mouvement. Le résultat c'est qu'a cause de la
colonisation en cours, la continuité territoriale palestinienne a
été mis à mal, le développement économique palestinien et
l'accès aux terres et aux ressources naturelles bloqués. B'Tselem
accuse alors le gouvernement israélien, agissant en collusion
avec la Haute Cour de Justice, de «
de facto annexion des colonies à l'Etat d'Israël, tout en évitant
les problèmes crées par une annexion de juré, particulièrement
sur la scène internationale. »
« L'accaparement des terres »
(rapport de B'Tselem ndlt) a été publié il y a 5 ans. La
situation aujourd'hui est bien pire. Actuellement, il y a 450 000
colons en Cisjordanie et Jérusalem est, une augmentation de près
de 100 000 colons depuis 2001. Beaucoup des mêmes mécanisme
d'expropriation et d'expansion des colonies continuent, mais il y
a eu dans cette période un développement majeur dramatique : le
Mur. Pratiquement terminé, le Mur fait 703 Km de long et englobe
la plupart des colonies israéliennes : 85 % de ce Mur est
construit sur le territoire de la Cisjordanie, annexant 16 % de
son territoire. Comme l'opinion émise par la Cour Internationale
de Justice le stipule clairement : «
environ 80 % des colons vivant en territoires occupés
palestiniens, c'est-à-dire 320 000 individus, vivront dans cette
zone, de même que 237 000 palestiniens. De plus, résultat de la
construction de ce Mur, environ 160 000 palestiniens de plus résideront
dans des communautés pratiquement entièrement encerclées (15).
Qalqiliya une ville de 40 000 habitants, est déjà entourée par
le mur, et les habitants peuvent seulement entrer et sortir par un
point de contrôle militaire ouvert chaque jour de 7 heures du
matin à 7 heures du soir. Dés que le Mur sera terminé, plus de
400 000 palestiniens seront complètement ou partialement entouré
de ce Mur. Pas étonnant que la Cour a prévenu des menaces pesant
sur la capacité des palestiniens occupés à subvenir
quotidiennement à leurs besoins et leur survie, et, fait
significatif, de la possibilité d'un « départ des populations
palestiniennes de certaines zones. » (16) Pour faciliter
ses objectifs coloniaux et puis l'annexion de facto de plus de
terres palestiniennes, Israël a de nouveau crée les conditions
pour un exode massif de la population indigène.
Le constat factuel du siège et de la dépossession en cours sont
ainsi plutôt accablants : Israël est en violation permanente des
normes et coutumes internationales. Des rapports sur les droits de
l'homme inscrivent continuellement et indiscutablement l'illégalité
internationale des colonies, du Mur, du système arbitraire de
permis, des démolitions de maisons, des assassinats, des
massacres, des routes de contournement pour juifs seulement, des
points de contrôle et des barrages, et un régime d'occupation
cruel et brutal appuyé par des opérations militaires sans fin et
de vastes invasions périodiques (17) Ceci sans mentionner les
plus de 4000 palestiniens tués depuis le début de l'Intifada
al-Aqsa, 650 en 2006 (une triple augmentation depuis 2005, comparé
à la réduction de moitié du nombre d'israéliens tués, de 34
à 27- - dont 6 étaient des soldats), ou les plus de 11 000
palestiniens encore dans les prisons israéliennes aujourd'hui.
(18) En fait, depuis 1967, Israël a emprisonné plus de 650 000
palestiniens, l'équivalent de presque 20 % de la population.
Comment alors, on se demande, une élite nationale qui est supposée
mener son existence vers la création d'un état et l'indépendance,
finit, depuis 1993, par participer à un processus qui a produit
une telle situation dramatique où les conditions de vie des
palestiniens ont empiré, affaiblissant si ce n'est sabotant définitivement
la survie nationale palestinienne ? Pourquoi l'élite de l'OLP
n'a-t-elle pas utilisé toutes les lois et conventions
internationales mentionnées ci-dessus, qui protègent clairement
et garantissent les droits inaliénables de son peuple et ses
aspirations nationales, dans son combat contre l'occupation par
Israël ? Une courte réponse a été fournie par Edward Said : «
aucun autre groupe de libération dans l'histoire ne s'est vendu
à ses ennemis comme celui-ci «. (19) La capitulation
politique ou le « partenariat »
avec l'occupant, a été la caractéristique d'Oslo, laissant la
majorité des palestiniens complètement vulnérable aux ravages
du colonialisme israélien.
Capitulation de l'élite
Mon intention ici n'est pas de passer en revue les
actions diplomatiques et politiques de l'OLP/AP mais de me
concentrer sur deux points principaux permettant de comprendre la
nature de la résistance palestinienne qui a finalement émergé
en Cisjordanie et à Gaza. (20) L'une est légale- idéologique,
l'autre est purement plus politique. Oslo a sapé la légitimité
du droit international comme base pour la résolution du conflit
palestino israélien, rendant effectivement illégitimes les
droits des palestiniens à l'autodétermination et à la résistance
à l'occupation. D'un coup de crayon, l'autodétermination a été
niée et la résistance criminalisée. Sur le plan politique, l'AP
a aussi systématiquement policé la société palestinienne pour
assurer la sécurité d'Israël et de ses colons illégaux. Ainsi,
le régime de l'AP s'est caractérisé par un mélange de répression
politique, d'autoritarisme, et de récupération de l'économie
locale et des élites. L'auto organisation anti-coloniale et la résistance
ont été dé –mobilisées, et les ressources pour une
initiative politique indépendante et une participation ont
effectivement été minées. Face à une élite profitant et à la
collusion, l'apathie populaire et le désespoir ont grandi, jusqu'à
ce que l'explosion de l'Inti Fada al-Aqsa donne à la résistance
un autre souffle de vie.
Sous Oslo, l'OLP est devenu l'exécutant du colonialisme d'Israël.
Comme Arafat l'exprime le 9 septembre 1993 : «
l'OLP considère que la signature de la Déclaration de Principes
constitue un évènement historique, inaugurant une nouvelle époque
de coexistence pacifique, libérée de la violence et de tous les
autres actes qui mettent en danger la paix et la stabilité. Par
conséquent, l'OLP renonce à l'utilisation du terrorisme et à
d'autres actes de violence et assumera la responsabilité sur tous
les éléments de l'OLP et du personnel pour assurer leur obéissance,
empêcher des violations et discipliner les violateurs ».
(21) Arafat a déclaré la fin politique de l'Intifada et a renoncé
sans équivoque au droit de son peuple à résister à
l'occupation par Israël. Comme l'exprime Burhan Daajani : «
La lettre palestinienne de reconnaissance d'Israël en fait
renonce à la violence, au droit à la lutte palestinienne. Cette
lettre équivalait à se débarrasser de la plus importante carte
que les palestiniens pouvaient jouer : la légitimité
palestinienne versus l'illégitimité de l'occupation israélienne.
Le résultat c'est des séries de négociations, un processus de
supplication d'un côté et de donner ou refuser de l'autre. »
(22)
Ce qu'a effectivement fait l'OLP en signant Oslo c'était de saper
les droits nationaux de son propre peuple tout en légitimant les
pratiques illégales de l'occupant. Cela ne voulait pas seulement
dire que la souveraineté d'un occupant était «
affirmée » et « consacrée
» par des représentants des occupés. Cela voulait aussi
dire que l'accord donnait aux occupés aucun pouvoir légal pour
empêcher une expansion illégale ou expropriation de terre par
l'occupant. Comme Dajani l'a clairement prédit alors : «
Un malheureux résultat de la DOP (Déclaration of Principles –
Déclaration de Principes) c'est que cela rend encore plus
difficile de défier les législations futures d'Israël, et même
de défier, comme par le passé, les lois israéliennes permettant
l'expropriation de terres et de biens et la violation des droits
et libertés sur la base de la Convention de Genève concernant la
puissance occupante. » La souveraineté coloniale d'Israël
était ratifiée. (23)
Avec des phrases ambiguës et des formulations vagues sur le
maintien du statut quo, Oslo a facilité les violations
continuelles par Israël de la Convention de Genève et du Droit
International Humanitaire. Résultat, l'AP a fait comme suit :
elle a accepté le contrôle continu de Jérusalem est ; rendu 60
% de la Cisjordanie négociable avec un occupant illégal, légitimé
les colonies illégales ;accepté la construction des routes de
contournement ; légitimé l'interdiction de la liberté de
mouvement etc… (24) Une telle abrogation des droits des civils
palestiniens sous occupation est interdite selon la Convention. Se
moquer du Droit International ou vendre les droits nationaux des
palestiniens, sape clairement la propre autorité de l'AP, et
constitue une cause importante pour re-légitimer les droits
palestiniens et la lutte anti coloniale.
Il est ainsi prouvé que les critiques d'Oslo avaient raison. L'AP
est devenu ce qu'ils avaient prédit qu'elle deviendrait : un régime
collaborateur dirigeant des cantons coupés en deux et réprimés.
Achcar a formulé cela de façon précise quand il a écrit à l'époque
que :
«L'auto gouvernement sous la
direction d'Arafat sera un cas extrême d'administration coloniale
indirecte, plus proche d'un « gouvernement fantoche » que les
gouvernements néo coloniaux émergeants de la décolonisation. Ou
bien ce sera cela ou il n'existera pas. Le gouvernement sioniste a
décidé de procéder par étapes, commençant avec Gaza et Jéricho,
pour tester l'efficacité de l'appareil d'Arafat dans sa tâche répressive
qui lui a été dévolue. Si cet appareil prouve qu'il est
incapable de mener la tâche à bien, les accords de Washington
finiront à la poubelle. » (25) L'effet sur les
palestiniens de ce que Saïd a appelé «
la trahison de notre histoire et de notre peuple » cela a
été un sentiment croissant de désillusion et de cynisme. Oslo
est devenu une crise ayant des proportions nationales : elle a
plongé le peuple palestinien et ses institutions politiques dans
la crise morale, culturelle, identitaire et politique la plus sérieuse
et la plus profonde. (26)
Une telle dégénération et diminution de la vie nationale peut
être évaluée en examinant la façon dont l'AP a reconstruit la
société palestinienne occupée autour de sa propre capitulation
et son opportunisme. Ceci m'amène à mon deuxième point : la
politique de déligitimisation nationale. Si la méfiance de l'OLP
vis-à-vis de la démocratie et de la mobilisation de masse a été
re-confirmée lors de la 1ere Intifada, son héritier, l'élite de
l'AP, mènera le contrôle politique étroit à sa conclusion
logique, se substituant lui-même à la nation palestinienne. La
bureaucratie et l'autoritarisme sont devenus la norme, et la sécurité
le principal moyen de contrôle. (27) L'AP a sapé activement et
co-opté les forces de la démocratie et de la résistance qui
avait produit la première Intifada. Comme a conclu Glenn Robinson
: « pour le dire abruptement,
l'OLP à Tunis s'est emparé avec succès du pouvoir politique en
Cisjordanie et à Gaza non pas parce qu'elle a conduit la révolution
mais parce qu'elle a promis d'y mettre fin ». L'AP devait
construire sa propre base politique, qui diminuerait la position
de la nouvelle élite (éduquée à l'université et progressive)
à l'intérieur de la Cisjordanie et de Gaza tout en consolidant
son pouvoir ». (28) Avec les soutiens des sources
traditionnelles de pouvoir comme les clans et les familles de
notables, de vieilles formes de patronage et de contrôle ont été
réactivées et ravivées. Nigel Parsons, qui a étudié en détail
avec minutie le régime de l'AP, décrit le nouvel appareil
centralisé d'Arafat comme suit :
« Plutôt que d'exploiter les
capacités mobilisatrices développées pendant la première
Intifada et la résistance menée contre la colonisation, l'AP a
mis en place un contrôle social par le biais du patronage.
L'expansion de la bureaucratie de l'AP a diminué la prédominance
politique de la communauté des ONG - - le cœur de la société
civile palestinienne et une forteresse de la gauche - - en
centralisant la fourniture de services, redirigeant les ressources
en les éloignant du secteur non étatique, et en recrutant
largement dans la classe moyenne professionnelle et
technocratique. » (29)
Beaucoup de palestiniens sont ainsi devenus totalement dépendants
de l'AP pour les emplois et les opportunités de travail.
(Actuellement 140 000), Cela a lié un portion significative de la
population à un régime qui existait principalement pour nier la
souveraineté et l'indépendance politique. Avec le mouvement des
travailleurs soit réprimé soit «
politiquement passif » (30) et avec une classe ouvrière
faible et fragmentée, chancelant sous la politique de bouclage
d'Israël, il y avait peu de force d'appui social pour soit
affronter soit transformer le mécanisme de gouvernance de l'AP.
Comme le note Nina Sovich : «
l'AP a co-opté et étouffé la direction syndicale de même que
les mouvements de base qui se sont levés occasionnellement ; et
les dirigeants syndicaux eux-mêmes manquent de discipline,
d'expertise, et de volonté politique pour mobiliser les
travailleurs ». (31) Une telle démobilisation de la
classe ouvrière a été aggravée par la perte de repères de la
gauche politique après Oslo. Acceptant clairement son échec, le
dirigeant du Front Populaire de Liberation de la Palestine (FPLP)
a précisément déclaré, alors qu'il regardait en arrière sur
les 7 ans d'Oslo, que l'opposition séculière «
avait échoué à transformer le discours politique en action
pratique matérielle » en en rejetant la faute sur la désunion,
le factionnalisme pour son absence totale de la scène politique
palestinienne. (32) Les choses ont peu changé depuis.
Un élément important d'un mécontentement politique fort est
venu du Comité des 20 en novembre 1999. Parsons raconte cet épisode
important du mécontentement palestinien et l'interprète comme «
un présage » de l'Intifada al Aqsa. Signé par des
personnalités politiques éminentes, dont 9 étaient des membres
législatifs du propre groupe du Fatah d'Arafat, la pétition était
intitulée « La patrie nous
appelle » et attaquait la «
corruption, la tromperie et le despotisme. Encore plus de terres
sont volées tandis que les colonies se développent. La
conspiration contre les réfugiés s'accélèrent dans les
coulisses. Les prisons palestiniennes ferment leurs portes sur nos
fils et nos sœurs. Jérusalem n'est pas revenue et Singapour
n'est pas arrivé. Le peuple est divisé en deux groupes : celui
des sélectionnés qui dirigent et volent, et celui de la majorité
qui se plaint et cherche quelqu'un pour la sauver. » (33)
Les signataires attendaient avec impatience le jour où «
les efforts collectifs des dépossédés » triompheraient
de l'injustice et mettraient fin aux humiliations d'Oslo (34)
Arafat a répondu par une dure répression, emprisonnant presque
tous les signataires et provoquant un tollé public, des
manifestations, et des appels à la solidarité des factions de
l'opposition (Islamic Jihad, Hamas, FPLP et FDLP). Moins d'un an
plus tard, les palestiniens occupés se révolteront de nouveau.
Trompés par un faux processus de paix, déçus par une direction
soumise, et assiégés par encore plus d'expansion coloniale, les
palestiniens sont sortis par milliers pour manifester et
protester. L'Intifada al-Aqsa avait commencé.
Résister à la
brutalité et au siège
Cependant, la nature de la deuxième Intifada était
très différente de la première. L'une des conséquences
pratiques d'Oslo c'était que l'armée israélienne s'était redéployée
en dehors des principales concentrations de population, rendant
particulièrement difficile pour les palestiniens enclavés toute
confrontation avec les forces d'occupation, contrairement à ce
qui s'était passé lors de la première Intifada. Fragmentés par
les points de contrôle et confinés localement, cela rendait des «
actions de masse pratiquement impossible » (35) Reflétant
les effets du régime de siège depuis les années 90, il y a
alors eu une affaiblissement systématique de la capacité de la
société palestinienne d'agir et de s'organiser comme une
collectivité nationale. Comme Rema Hammami et Salim Tamari
l'affirment, Oslo a détruit toutes les ressources d'une rébellion
civile.
Mis à part de vastes marches à la bougie et les processions funéraires
à l'intérieur des villes, la population dans son ensemble avait
été laissée avec pratiquement aucun rôle actif dans le soulèvement.
Ceci n'était certainement pas par choix, mais une conséquence du
fait que les types de structures politiques qui rendaient possible
l'organisation à la base du soulèvement lors de la première
Intifada, au moins les premières années, n'existaient plus. Les
comités populaires et de voisinage de même que les organisations
de masse (et la plupart des mouvements politiques qui les
soutenaient) ont commencé à s'effondrer à la fin de la première
Intifada sous le poids cumulé des méthodes de contre
insurrection israéliennes. Leur réactivation a été mise à mal
par la Guerre du Golfe et, encore plus profondément, par Oslo et
le processus de formation d'un état qu'il a enclenché. La démobilisation
de la population et son aliénation de l'action politique
s'approfondissant (jusqu'à l'actuel soulèvement) ont été parmi
les effets les plus prégnants de la gouvernance de l'AP. (36)
Résultat, la deuxième Intifada en a sérieusement souffert. Elle
était désorganisée et manquait de direction. «
Non seulement l'Intifada al Aqsa était-elle principalement sans
direction dans le sens organisationnel, l'expression d'objectifs,
et les tactiques, mais l'AP (avec ses 40 000 policiers armés), a,
par essence, abandonné son propre peuple aux caprices des coups
punitifs d'Israël. » (37)
Et les coups ont été effectivement immédiats et sans merci. 3
semaines après le début de l'Intifada,le général Amos Malka,
chef du renseignement militaire israélien, voulait savoir combien
de balles l'armée israélienne avait tiré depuis le début. Ben
Kaspit l'a révélé dans un article publié dans Maariv en 2002 :
« Quand la réponse est arrivée
pour midi, la plupart des officiers qui étaient présents, selon
un témoin oculaire, sont devenu livides. Dans les tout premiers
jours de l'Intifada, l'armée israélienne a tiré environ 700 000
balles et autres projectiles en Judée Samarie (Cisjordanie) et
environ 300 000 à Gaza. Au total, environ 1 million de balles et
autres projectiles ont été utilisés. Plus tard, quelqu'un au
commandement central a dit en plaisantant qu'on devrait nommer
cela « une balle pour chaque enfant ». Ce nombre
astronomique corrobore les faits sur le terrain. (38)
La répression dure, brutale d'Israël après le déclenchement de
la seconde Intifada avait un objectif politique clair : la
soumission totale palestinienne. Arafat n'avait pas été en
position d'obtenir des concessions significatives israéliennes
lors des négociations à Camp David en juillet 2000, en échange
de ce que voulaient les US et Israël, ne les suivant pas jusqu'au
bout de leur démarche. Barak, en réponse, a initié une longue
campagne israélienne pour à la fois délégitimer Arafat comme
interlocuteur et « partenaire
pour la paix » et pour détruire l'AP.(39) En quelques
mois, Arafat a été transformé d'un courageux Prix Nobel de la
Paix en cerveau de la révolte et du terrorisme (40).
L'utilisation immédiate par Israël d'une force massive pour écraser
le mécontentement populaire palestinien qui a éclaté en
septembre 2000 a aussi eu comme effet immédiat de militariser
l'Intifada et de pousser les palestiniens vers des opérations armées,
plutôt que d'essayer de réactiver les conditions pour une
participation et une mobilisation civile soutenues. Trahis, assiégés,
et sans défense, le soutien palestinien pour la résistance armée
et les attaques suicide allait augmenter.
Trois groupes principaux étaient en compétition pour dominer ;
Les Brigades des Martyrs d'al-Aqsa/Tanzim/ émergeant de la base désenchantée
du Fatah, et qui avaient été actives comme force anti Oslo
depuis la moitié des années 90 ; elles étaient dirigées par
Marwan Barghouti, qui a été capturé par l'armée israélienne
lors de l'invasion du printemps 2002. Le Jihad Islamique est un
groupe nationaliste militaire comprenant des fondamentalistes
actifs à Gaza depuis les années 80 et qui ne montre aucun intérêt
pour le travail social ou la participation politique aux élections
législatives. Le Hamas, le groupe de résistance le plus
puissant, qui, comme le Jihad, est un produit de l'occupation israélienne,
a été actif depuis la première Intifada. Combinant une branche
militaire et une action sociale et d'aide, le Hamas se considère
comme l'héritier du nationalisme séculier et du programme
politique de l'OLP de libération de la Palestine, et a
implicitement reconnu la solution de deux états sur la base d'une
totale indépendance, souveraineté, et retrait total et démantèlement
de toutes les colonies. (41)
Entre septembre 2000 et le cessez le feu de mi 2003, on estime que
96 % des attaques contre les cibles israéliennes ont eu lieu en
Cisjordanie et à Gaza, avec seulement 4 % à l'intérieur d'Israël
même. (42) C'était une indication claire que l'Intifada al-Aqsa
était fondamentalement une rébellion anti-coloniale. Cependant
Israël s'est arrangé pour obscurcir ce fait essentiel en
affirmant que le terrorisme suicidaire contre les juifs était la
vraie raison et motivation derrière la révolte. Comme Baruch
Kimmerling l'exprime :
« Si le symbole de la première
Intifada cela a été les enfants palestiniens jetant des pierres,
le symbole de l'Intifada al-Aqsa - - des deux côtés - - se sont
les attentats suicide. Israël a exploité ceci « pour obtenir
une légitimité domestique et internationale pour l'utilisation
sans restriction de sa puissance militaire. « (43)
Cependant, les attentats suicide étaient susceptibles d'être récupérés
et mal compris. Parce qu'ils visaient des civils à l'intérieur
de la ligne verte, ils pouvaient facilement être manipulés par
Israël comme faisant partie du vieux désir palestinien de détruire
la vie juive et l'état d'Israël. Comme forme de résistance par
conséquent, les attentats suicide avaient en eux des faiblesses
internes insurmontables. Dans leur texte excellent «
sur les Attentats Suicide », Rema Hammami et Musa Budeiri
ont montré qu'à la fois comme moyen de vengeance et de représailles
contre la terreur israélienne et la violence et comme stratégie
pour forcer à un retrait d'Israël, les attaques suicide ont eu
des coûts élevés et des retours de bâton : c'est contre
productif, inefficace, immoral et peut être même cela risque de
délégitimer le combat palestinien pour l'émancipation et la
justice. Son principal effet cependant a été sur le front
domestique palestinien :
« (Cela) risque de transformer
la société palestinienne en une société où les seuls à avoir
un rôle politique sont ceux prêts à mourir ou tuer en mourant.
Les autres sont confinés au rôle de spectateurs. Ils
applaudissent, mais ne sont pas sollicités pour épauler toute tâche
dans le combat en cours pour la libération et l'indépendance.
L'histoire de la lutte politique nous enseigne que de telles
actions déprécient le rôle des masses tout en les réconciliant
avec leur propre impuissance - - elles amplifient simplement le
sentiment chez les gens exploités et opprimés que la résistance
doit être laissée à quelques martyrs. » (44)
Plutôt que d'être un moyen de surmonter le siège et mettre fin
au colonialisme, l'attaque suicide est le symptôme d'une
atomisation et d'un désengagement. Plutôt que de remobiliser les
gens, il exacerbe leur démobilisation, et risque de miner leur
potentiel de participation collective.
Une évaluation critique de l'attaque suicide a été réalisée
par des groupes de résistance palestinienne, et la fin du ciblage
des civils à l'intérieur d'Israël a été déclarée. Nasser
Jumaa, le dirigeant le plus recherché par Israël des Brigades
al-Aqsa, a fait l'estimation suivante lors d'une interview en 2005
: « Nous n'avions pas de stratégie
claire pour la résistance palestinienne. Nous aurions du spécifier
son terrain d'action comme étant celui des territoires occupés,
et faire des colons et des soldats qui les protègent sa cible. De
cette façon il aurait été possible d'obtenir un soutien au sein
de la société israélienne. Cela aurait aussi empêché ceux de
l'extérieur de nier nos droits à défendre notre terre et à
expulser ceux qui volent et occupent notre terre. » (45)
Ayant été abandonnés par le mouvement du Fatah de l'AP, les
Brigades al-Aqsa n'ont pas été capables ni de démocratiser ni
de réformer le Fatah, de surmonter la corruption, ou d'unir différentes
factions, qui sont restées vaguement organisées et locales.
Nasser Jumaa conclut : « nous
cherchons maintenant une stratégie pour sortir de ce misérable
abîme. »
Absence de stratégie
L'absence d'une stratégie claire pour la libération
nationale est le problème le plus urgent auquel doivent faire
face les palestiniens aujourd'hui. La supériorité militaire
d'Israël reste écrasante, et Oslo n'a fait qu'améliorer la
position diplomatique d'Israël dans le monde, tout en délégitimant
les besoins palestiniens et leurs droits nationaux. Sous Oslo, la «
normalisation » arabe avec Israël s'est intensifiée, et
la plupart des états islamiques et du tiers monde ont supprimé
les barrières économiques et politiques avec Israël. Cela a
radicalement détérioré l'identification officielle
internationale avec la cause palestinienne, qui était très élevée
lors de la première Intifada. Les contraintes structurelles sur
les palestiniens n'ont fait qu'empirer. L'effondrement du projet
national palestinien a aussi rendu plus difficile les conditions
subjectives d'auto réalisation nationales. La direction d'Abbas
de l'OLP et de l'AP a abandonné les droits des réfugiés et leur
représentation, une mesure claire de la dégénérescence de la
cause palestinienne. (46)
Dans ses conditions, il reste des questions en suspens : les
palestiniens seront-ils capables de formuler une stratégie de libération
à succès qui peut surmonter à la fois le siège colonial et la
capitulation de l'AP ? Quelles sont les tâches politiques du
moment présent, et quel rôle la résistance militaire joue dans
la reconstruction d'un projet national si elle en joue un ? Et
comment, finalement, la question palestinienne peut elle redevenir
centrale à la contestation populaire politique ?
Lors des élections législatives de janvier 2006, le Hamas avait
une réponse qui parlait à la majorité de l'électorat
palestinien occupé. La liste du Hamas «
Reforme et Changement » s'est prononcé clairement et sans
ambiguïté sur la défense des droits inaliénables du peuple
palestinien, inclus le droit à l'auto détermination en
Cisjordanie et Gaza et le droit de retour pour tous les réfugiés
palestiniens. Engagé à renforcer la résistance contre
l'occupation israélienne, le Hamas s'est engagé à réformer
l'AP, mettre fin à la corruption et l'opportunisme, travailler à
l'unité, défendre le pluralisme politique, et soutenir la ténacité
et la détermination palestinienne. (47) Le Hamas a fait mention
de son agenda régressif social d'islamisation de la société
palestinienne, mais seulement une petite minorité de palestiniens
(13 %) l'ont soutenu. Ce qui a attiré le plus les palestiniens
occupés vers le Hamas ce n'est ni ses programmes élaborés
d'aide sociale, ni son fondamentalisme religieux (bien que les
deux ont jouer un rôle). C'était plutôt la promesse du Hamas de
vivifier le nationalisme palestinien et de conduire à la
victoire.
Résultat, le schéma d'Oslo a été plongé dans la crise. Oslo
n'était pas conçu pour faciliter la vraie démocratie : les élections
étaient une bonne idée tant qu'elles garantissaient la continuité
du régime colonial, et on pouvait s'en passer si elles ne le
faisant pas. Israël a reconnu cela et par conséquent était
contre la tenue d'élections en 2006. Cependant, les US, empêtrés
dans leur contradiction : leur rhétorique messianique sur la
transformation démocratique du Moyen Orient s'opposait à leur réelle
hostilité au nationalisme palestinien et au Hamas. Les US ont
pris le risque d'élections en espérant une victoire du Fatah
(comme les sondages le prédisaient). Quand le Hamas a gagné,
toute la puissance de l'impérialisme US est tombée sur les
palestiniens de façon encore plus dure : le siège a été
renforcé par des sanctions économiques et un boycott
diplomatique. Les palestiniens devaient être « affamés « à
cause de leur choix, comme l'a déclaré le New York Times. Et,
depuis tous les moyens pour un «
changement de régime » ont été essayé par Israël et
ses alliés, dont des attaques militaires israéliennes et des
massacres ; (48) l'assassinat d'activistes, l'arrestation par Israël
de presque un tiers du parlement nouvellement élu; des appels et
menaces d'Abbas soutenu par les US pour organiser de nouvelles élections
; une marginalisation active par Abbas de ses propres ministres du
gouvernement ; une grève politiquement motivée des services
publics qui essayait de saper encore plus le travail des ministères
du gouvernement ; des menaces sans fin de Muhammad Dalhan, le
principal chef de la sécurité d'Abbas, pour «
décimer « le Hamas ;(49) et finalement, la tentative de
Dalhan de renverser le gouvernement par la force, conduisant à de
sérieux affrontements armés entre factions, qui a fait de
nombreux morts palestiniens et une menace latente de guerre
civile.(50) Résultat, le Hamas a été poussé à renforcer son
activité militaire et de sécurité à Gaza, une nouvelle fois
différant les possibilités d'une mobilisation et organisation
politique populaire. Le danger que le Hamas soit continuellement
entraîné dans des combats pour des miettes dans un régime carcéral
plutôt que d'aider le peuple à se libérer est vraiment réel.
Malgré tout cela, le Hamas - - et les palestiniens en général -
- ont résisté à l'attaque mondiale. Israël, les US et ceux des
palestiniens qui ont localement capitulés, tous ont échoué à
revenir en arrière sur la victoire du Hamas. (51) Les US, embourbés
en Irak, ont aussi échoué à empêcher la formation d'un nouveau
gouvernement d'unité nationale sponsorisé par les Saoudiens
craignant le soutien de l'Iran au Hamas. Cela a atténué la
pression vers une guerre civile et la désintégration nationale,
bien que des affrontements aient continué occasionnellement.
Cependant, ce que le nouveau gouvernement n'a pas réussi à
obtenir, c'est la fin d'un boycott international : l'argent des
taxes due à l'AP (700 millions de dollars) n'a pas été versé
et les sanctions internationales économiques et politiques sont
restées en place. Israël et les US ont fait tout pour s'assurer
que le nouveau gouvernement soit s'effondre soit ne puisse
fonctionner efficacement ou correctement. Des contradictions
internes ont été exacerbées par Dahlan (accusé par le Hamas d'être
le « dirigeant de la faction
putschiste américaine »), qui effectivement, a été armé
et soutenu par les US et Israël et a activement saboté l'unité
et poussé à la confrontation armée et à la guerre civile. (52)
Le 14 juin 2007, l'opposition Fatah Hamas a été résolue par la
force. Craignant un coup militaire soutenu par les US, le Hamas a
délogé l'appareil de Dahlan et s'est emparé de la sécurité
interne de Gaza. (53) Tandis qu'il annonçait très clairement que
ce n'était pas un coup militaire mais un « pas nécessaire »
pour enlever le « principal
obstacle » à l'unité palestinienne et la réconciliation
nationale, l'action du Hamas a été considérée par toutes les
factions palestiniennes comme une agression illégitime, objectant
contre l'utilisation de la force en politique palestinienne. (54)
Abbas a exploité la maladresse stratégique du Hamas, et a déclaré
l'état d'urgence national. Il a aussi dissous le gouvernement
d'unité et formé un nouveau gouvernement de technocrates dirigé
par le favori des américains, Salam Fayyad. Israël et le monde
occidental ont applaudi à cet acte inconstitutionnel, promettant
de soutenir Abbas et la fin du boycott et des sanctions. Le Hamas
s'est retrouvé isolé et coupé de tout, et risquant d'amplifier
la séparation géographique entre la Cisjordanie et Gaza avec une
séparation politique entre Gaza dirigé par le Hamas et la
Cisjordanie dirigée par l'AP, une conséquence sur lequel a
travaillé Israël depuis 1991. (55) Une telle situation de
pouvoir duel Hamas Fatah ne peut que renforcer la division
politique palestinienne et la fragmentation.
Que l'unité soit restaurée ou que de nouvelles élections soient
annoncées, une chose est certaine : Abbas ne pourra pas obtenir
un état indépendant et une décolonisation que veulent la
plupart des palestiniens ; tandis que le Hamas semble incapable
d'organiser une mobilisation populaire de masse contre
l'occupation. (56) L'alternative réelle est encore en sommeil :
une nation contemple mécontente. La majorité des palestiniens blâme
à la fois le Hamas et le Fatah pour la crise actuelle, doit
encore se remobiliser contre l'occupation israélienne et
surmonter la militarisation de leur politique. (57) Le seul espoir
des palestiniens actuellement c'est une auto organisation
collective.
Un développement récent positif c'est la consolidation de luttes
populaires non violentes contre le Mur. Le village de Bil'in est
devenu le symbole de telles campagnes de résistance locale, avec
des palestiniens menant des protestations pacifiques attirant des
activistes internationaux et israéliens en solidarité qui se
joignent à eux pour protéger la vie palestinienne et la terre.
Bien que les terres des villages aient rarement été sauvées, (Budrus
est une exception importante) beaucoup reconnaissent la valeur de
telles pratiques politiques collectives à la fois pour construire
un soutien populaire à la fois international et israélien pour
la cause palestinienne et pour communiquer la justesse et
l'urgence de la question palestinienne. (58)
Il manque encore une stratégie de libération d'ensemble. Ni le
nationalisme de l'élite, ni le fondamentalisme religieux n'ont réussi
dans cette tâche. Les élections de janvier 2006 ont de nouveau réintroduit
la question de la résistance comme projet politique. Comme Azmi
Bishara l'a exprimé, comment «
les occupés peuvent ils être (forcés) de payer le prix de leur
occupation qu'ils ne veulent pas où ne peuvent pas supporter
moralement, matériellement, émotionnellement, politiquement, économiquement,
et socialement ? » (59) Une mobilisation collective de
tous les palestiniens, autour d'objectifs nationaux cohérents est
toujours nécessaire, de même qu'une élaboration claire à la
fois de tâches à court terme et de buts stratégiques à long
terme. Ceci ne peut se faire sans réactivation démocratique des
forces de base à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de la
Palestine. Le plus près que les palestiniens se soient approchés
de cette mobilisation populaire nationale cela été lors de la
première Inti fada - - ce qu'Edward Saïd a appelé «
l'une des plus extraordinaire insurrection de masse anti coloniale
et non armée dans toute l'histoire de la période moderne. »
(60) C'est seulement lorsque son souvenir révolutionnaire
reviendra animer l'organisation politique palestinienne future,
que le rapport de force politique crée sera suffisant pour faire
payer à Israël 40 ans d'occupation et commencer à rectifier les
torts commis contre le peuple palestinien. Une nouvelle représentation
politique progressive est actuellement impérative. Ce n'est pas
moins que la survie d'une nation oppressée qui est en jeu.
Notes
1. J'ai emprunté cette phrase à
Amira Hass : « Comme cela a été
le cas pendant les années Oslo, 3 millions d'individus tirent de
leur immense réserve pour supporter la dureté du siège sans se
rendre. » « Politique de bouclage par Israël : une stratégie
inefficace pour contenir et réprimer. » Journal of
Palestine Sutides, ‘31(3) Printemps 2002, p. 20.
2. Sur la position de Gaza après le retrait d'Israël voir le
rapport Gisha, Occupants désengagés : le statut légal de Gaza,
Tel Aviv, janvier 29007. Voir également de Patrick Cockburn, «
Gaza is dying » The Independent, 8 septembre 2006 : «
le siège israélien de l'enclave palestinienne est si serré que
ses habitants sont au bord de la famine. Ici sur les côtes de la
Méditerranée il se passe une grande tragédie qui est ignorée
parce que l'attention dans le monde a été détournée sur les
guerres au Liban et en Irak. »
3. Elle a été appelée l'Inti fada al-Aqsa parce que c'est la «
visite » de Sharon au Dôme du Rocher accompagné par
plusieurs milliers de policiers qui l'a déclenchée.
4. Movement and Access Restrictions in the West Bank: Uncertainty
and Inefficiency in the Palestinian Economy, 9 May 2007,
disponible à http://www.worldbank.org. Pour les citations utilisées
ici, voir les Clauses 3 et 37. En réponse, le vice ministre de la
défense Ephraim Sneh a accuse la Banque d'être “de
parti pris” et a dit que les restrictions de voyage s'était
pour empêcher le terrorisme. Voir Avi Issacharoff, “Sneh:
World Bank Report Slamming Israel One-Sided”, Haaretz, 10
May 2007. Le nouveau ministre de l'information palestinien de l'époque
Moustafa Barghouti a accueilli favorablement le rapport et a ajouté
qu'il décrivait précisément le nouveau système d'apartheid
israélien en Cisjordanie. Voir Joshua Brilliant, `World Bank
Pessimistic on Palestinian Economy´, World Peace Herald (Online),
9 mai2007, disponible à http://www.wpherald.com.
5. Salem Ajluni, “The
Palestinian Economy and the Second Intifada”, Journal of
Palestine Studies, 32(3), printemps 2003, p. 69. Voir aussi Sara
Roy, Failing Peace: Gaza and the Palestinian-Israeli Conflict,
London: Pluto, 2007, spécialement “Ending
the Palestinian Economy”, pp. 250-93.
6 AGONU, “Report of the Special
Rapporteur on the Situation of Human Rights in the Palestinian
Territories Occupied depuis 1967,” John Dugard, Conseil
des Droits de l'Homme ONU 29 Janvier 2007, p. 21.
7 Hass, “Israel´s Closure
Policy”, p. 18.
8 pour une excellente analyse de classe sur la question
palestinienne et sur les différences entre le colonialisme des
colons sionistes et l'apartheid d'Afrique du sud, voir Mona N.
Younis, « Libération and
Democratization: The South African and Palestinian National
Movements », Minneapolis: University of Minnesota Press,
2000.
9 Azmi Bishara, “A Short
History of Apartheid”, Al-Ahram Weekly Online, 8-14
Janvier 2004, disponible à http://weekly.ahram.org.eg.
10 Norman G. Finkelstein développe une telle comparaison
historique “The Rise and Fall
of Palestine”, Minneapolis: University of Minnesota Press,
1996, pp. 104-121.
11 Fayez A. Sayegh, “Zionist
Colonialism in Palestine”, Beirut: Palestine Liberation
Organization Research Centre, 1965, p. v.
12 Lecture à Barnard College, New York, 11 April 2005. Voir aussi
Hass, “Israel´s Closure Policy”,
specialement p. 10.
13 Amira Hass, “Drinking the
Sea at Gaza,” New York: Henry Holt, 1999, p. 235.
14 B´Tselem, “Land Grab:
Israel´s Settlement Policy in the West Bank, “ Jerusalem,
Mai 2002, p. 69. Les citations dans ce paragraphe sont pp. 15-16,
37 et 69.
15 International Court of Justice, “Legal
Consequences of the Construction of a Wall in the Occupied
Palestinian Territory”, 9 Juillet 2004, clause 122.
16 Ibid., p. 122.
17 Le pire cela a été l'opération “Defensive Shield” en
mars avril 2002, quand Israel a réoccupé toutes les principales
villes palestiniennes et tué 220 personnes. Voir Muna Hamzeh et
Todd May, eds., “Operation
Defensive Shield: Witnesses to Israeli War Crimes,”
London: Pluto Press, 2003.
18 See Amnesty International, Rapport d'Amnesty International
2007, London: Amnesty International Publications, 2007, pp.
147-50.
19 Edward Said, “The End of the
Peace Process: Oslo and After,” New York: Vintage, 2000,
p. 345. Après Oslo, Saïd est devenu le principal critique de
l'OLP. Voir “Peace And Its
Discontents”, New York: Vintage, 1996.
20 Les comptes rendus académiques les plus récents sont ceux de:
Nigel Parsons, “The Politics of
the Palestinian Authority: From Oslo to al-Aqsa,” London:
Routledge, 2005; Cheryl A. Rubenberg, The Palestinians: In Search
of a Just Peace, Boulder, CO: Lynne Rienner, 2003; Roy´s Failing
Peace.]i Les essais d'Edward Said sont indispensables pour
comprendre Oslo de même que les deux livres de Tanya Reinhart : “Israel/Palestine:
How to End the War of 1948 , New York: Seven Stories, 2002 et The
Roadmap to Nowhere: Israel/Palestine since 2003,” London:
Verso, 2006.
21 “Israel-PLO Recognition:
Exchange of Letters Between PM Rabin and Chairman Arafat”,
Département d'Etat des US, mise en ligne en juillet 2003,
disponible à http://www.state.gov.
22 Burhan Dajani, “The
September 1993 Israeli-PLO Documents: A Textual Analysis”,
Journal of Palestine Studies, 23(3), Spring 1994, p. 22.
23 Ibid., pp. 18, 19.
24 Ce sont certaines têtes de chapîtres dans le livre d'Allegra
Pacheco « Flouting Convention:
The Oslo Agreement », in Roane Carey, ed., « The New
Intifada: Resisting Israel`s Apartheid, »]i London: Verso, 2001,
pp. 181-206. dans son importante intervention juridique, elle déclare
que : ”l'une des plus grandes
erreurs des accords d'Oslo c'est qu'ils n'obligeaient pas Israel
à respecter la Convention de Genève et de cesser la violation
des droits humains “(p. 186).
25 Gilbert Achcar, “The
Washington Accords: A Retreat Under Pressure”, in Achcar,
ed., Eastern Cauldron: Islam, Afghanistan, Palestine and Iraq in a
Marxist Mirror, New York: Monthly Review Press, 2004, p. 201.
26 Cité dans Samih K. Farsoun et Christina E. Zacharia, “
Palestine and the Palestinians, Boulder”, CO: Westview:
1997, p. 255. La citation est empruntée à Edward Said, “The
Politics of Dispossession: The Struggle for Palestinian
Self-Determination,” New York: Pantheon, 1994, p. xxxii.
27 Graham Usher nomme cela “securitisation”,
conduisant à un processus de «
de-politicisation de la société palestinienne et de corrosion du
nationalisme palestinien » :“Dispatches from Palestine: The
Rise and Fall of the Oslo Peace Process,” London: Pluto,
1999, p. 79.
28 Glenn E. Robinson, “Building
a Palestinian State: The Incomplete Revolution,”
Indianapolis: Indiana University Press, 1997, p. 177. Ceci signale
une mise à l'écart diplomatique des négociateurs du processus
de paix de Madrid, qui insistaient sur le respect du droit
international et l'obligation pour Israel de se retirer des
territoires occupés et de démanteler toutes les colonies.Voir
l'importante interview de Rashid Khalidi interview avec le chef de
la délégation palestinienne à Madrid Haydar Abd al-Sha?, «
Looking Back, Looking Forward », Journal of Palestine
Studies, 32(1), Automne 2002.
29 Parsons, “The Politics of
the Palestinian Authority,” p. 222.
30 Ibid., p. 184.
31 Nina Sovich, “Palestinian
Trade Unions”, Journal of Palestine Studies, 29(4), été
2000, p. 66.
32 “The Palestinian Secular
Opposition at a Crossroads”: Interviews avec FPLP Abu Ali
Mustafa et FDLP Nayif Hawatimah, Journal of Palestine Studies,
29(2), hiver 2000, p. 84.
33 See Parsons, “The Politics
of the Palestinian Authority,” pp. 185-6. Pour la
restriction de la liberté d'expression et la torture, voir
Amnesty International, «
Palestinian Authority: Silencing of Dissent”, September
2000, disponible à http://www.amnesty.org.
34 Voir “The Homeland Calls
Us!”, News from Within, January 2000.
35 Rubenberg, ” The
Palestinians”, p. 329. Parsons cite une estimation de
seulement 5 % de palestiniens actifs dans l'Intifada (p. 265).
36 Rema Hammami et Salim Tamari, “The
Second Intifada: End or New Beginning?”, Journal of
Palestine Studies, 30(2), hiver 2001, p. 17.
37 Rubenberg, “The Palestinians,”
p. 330.
38 Ben Kaspit, “Jewish New Year
2002: The Second Anniversary of the Intifada”, Part I, Ma´ariv,
6 Septembre 2002. La brutalité d'Israel a conduit les
palestiniens à l'interieur d'Israël a se lever pour protester et
en solidarité avec leurs frères sous occupation. Israël a répondu
en tuant 13 manifestants et en en blessant des centaines.
39 “Operation Defensive Shield” printemps 2002 a fait
exactement cela, “le summum” étant la destruction des
institutions civiles palestiniennes comme l e montre Rubenberg (The
Palestinians, p. 351). Sur le bluff de la « généreuse offre «
d'Israel à Camp David II, voir Reinhart, Israel/Palestine.
40 Le biographe de Sharon, Uri Dan, suggère que si Arafat n'avait
pas été assassiné en novembre 2004, ce n'est pas parce qu'ils
n'étaient pas prêts à le faire. En septembre 2004, Dans a
interrogé Sharon, alors premier ministre pour une second terme,
sur ses intentions concernant Arafat. Sharon a répondu : “
nous avons éliminé les chefs du Hamas -- Sheikh Ahmed Yassin,
Abdel Aziz al-Rantissi – et d'autres dirigeants terroristes au
moment opportun. Le même principe vaut pour Yasser Arafat. Nous
le traiterons comme les autres. Je ne vois pas de différence
entre lui et Yassin : tous deux ont assassiné des juifs. Pour
Arafat, nous choisirons le moment le plus propice pour nous.
Chacun recevra ce qui lui est du. La question sera discutée au
moment opportun, comme cela l'a été avec les dirigeants du Hamas.
» Uri Dan, “Ariel
Sharon: An Intimate Portrait”, New York: Palgrave
Macmillan, 2006, p. 234. Dan dit aussi que Bush savait que Sharon
planifiait un assassinat : le 14 avril 2004, Sharon a pu
finalement se sortir d'une promesse qu'il avait faite
involontairement au président américain en mars 2001 – de ne
pas toucher à Arafat - -(p. 246).
41 Pour un excellent essai de revue des livres sur le
fondamentalisme islamique palestinien voir Musa Budeiri, «
The Nationalist Dimension of Islamic Movements in Palestinian
Politics », Journal of Palestine Studies, 24(3), printemps
1995. Les deux livres de Khaled Hroub sur le Hamas sont
indispensables: “Hamas:
Political Thought and Practice,” Washington: Institute of
Palestine, 2000 and “Hamas: A
Beginner´s Guide,” London: Pluto, 2006.
42 Parsons, “The Politics of
the Palestinian Authority” , p. 271. Il ajoute: “
la parité brute dans le nombre de victimes (355 au de là de la
ligne verte, 393 à l'intérieur) est du au nombre beaucoup plus
restreint d'attaques à l'intérieur, la plupart du temps des
attentats suicide, et par conséquent beaucoup plus létaux. »
43 Baruch Kimmerling, “Politicide:
Ariel Sharon´s War Against the Palestinians”, London:
Verso, 2003, pp. 161, 137.
44 Rema Hammami and Musa Budeiri, “On
Suicide Bombings”, al-Quds Newspaper, 14 December 2001
(in Arabe). Pour la traduction anglaise voir à
www.musabudeiri.net sous la rubrique « newspaper articles ».
45 “From the Heart of the
Struggle”, Al-Ahram Weekly Online, 14-20 Avril2005,
disponible à http://weekly.ahram.org.eg
46 Randa Farah, “Palestinian
Refugees”, Interventions: International Journal of
Postcolonial Studies, 8(2), July 2006.
47 Pour une analyse détaillée de la plateforme électorale du
Hamas voir Khaled Hroub, a "New
Hamas" Through its Documents, Journal of Palestine
Studies, 35(4), été 2006.
48 Comme l'a rapporté John Dugard , de juin à novembre 2006,
Israel a tué plus de 400 Palestiniens et en a blessé 1500,
menant 364 incursions militaires seulement pour Gaza: «
En Novembre2006 seulement il y a eu 656 raids de l'armée israélienne
en Cisjordanie (AGONU, « Rapport du Rapporteur Spécial»,
29 Janvier 2007).Tout ceci, Israel l'a revendiqué le justifiant
pour sauver un soldat israélien capturé tout en refusant un
cessez le feu immédiat et un échange de prisonniers.
49 Khaled Amayreh, “Dahlan Vows
to Decimate Hamas”, Al-Ahram Weekly Online, 8-14
Juin2006, disponible à http://weekly.ahram.org.eg.
50 Comme prévu par Gilbert Achcar immédiatement après les élections
: « First Reflections on the
Electoral Victory of Hamas », Znet, 27 Janvier 2006,
disponible à http://www.zmag.org.
51 On ne devrait pas non plus ignorer l'initiative des prisonniers
appelés : « the prisoners
conciliation document », ratifié par le Hamas et le Fatah
in Juin 2006. L'accord soutient la résistance, prône une
participation de masse , et défend les droits des palestiniens.
Pour les détails voir mon “
Occupied Palestine: Prisoners, Colonial Elites, and
Fundamentalists », Znet, 11 Juin 2006.
52 Dahlan était le principal motif derrière la résignation récente
du nouveau ministre des affaires intérieures Kawasmeh. Il
protestait qu'il n'avait aucun pouvoir pour appliquer un nouveau
plan de sécurité accepté pour mettre fin au « fawda il-silah
» (le chaos des armes) à Gaza. En regardant en arrière sur la période
depuis la victoire électorale, Danny Rubenstein conclut dans «The
Original Sin », Haaretz, 22 Mai 2007: «
Sans nul doute, toute une série de raisons - - politique, économique,
sociale, et autres - - ont amené ces problèmes sur les
palestiniens. Cependant, la cause directe de ce qui se passe
actuellement dans la Bande de Gaza c'est que la direction
traditionnelle palestinienne (au sommet du Fatah) n'était pas préparée
à transférer l'autorité à la direction élue du Hamas ».
Voir aussi Scott Wilson, “Fatah
Troops Enter Gaza with Israeli Assent”, Washington Post,
18 Mai 2007.
53 Jonathan Steele, “Hamas
Acted on a Very Real Fear of a US-sponsored Coup”, The
Guardian, 22 Juin 2007.
54 Conference de presse par le chef en exile du Hamas Khaled
Mishal on 15 Juin 2007.
55 Akiva Eldar, “Sharon´s
Dream”, Haaretz, 20 June 2007.
56 Des commentateurs ont aussi prévenu que la dégradation des
conditions pourrait aussi conduire à des versions plus extrèmistes
du fondamentalisme islamique s'enracinant à Gaza. Voir, par
example, Gideon Rachman, “Missed
Opportunities, Gaza and the Spread of Jihadism”,
Financial Times, 18 June 2007.
57 Comme l'a rapporté le Centre palestinien de Recherche
Politique et de Sondage, 75 % de palestiniens veulent de nouvelles
élections et 59 % disent que «
le Hamas et le Fatah sont à blâmer à égalité pour les combats
factionnels qui ont conduit à le Hamas à prendre le contrôle de
Gaza » (Avi Issacharoff, Haaretz, 21 Juin 2007).
58 Pour lire un compte rendu puissant voir Reinhart, «
The Roadmap to Nowhere, » pp. 174-217. “
Dans les mois à venir (début 2004) pratiquement tous les groupes
anti occupation en Israel ont rejoint la lutte palestinienne le
long de la route du Mur » (p. 198). Ta´ayush et les
anarchistes contre la Mur sont deux de ces groupes.
59 Azmi Bishara, “The Quest for
Strategy”, Journal of Palestine Studies, 32(2), hiver
2003, p. 43.
60 Saïd, “The Politics of
Dispossession,” p. 137
Bashir Abu-Manneh; 06 octobre 2007 - ZNet | Israel/Palestine
Cet Essai est paru dans The Socialist Register 2008 : Global
Flashpoints : Reactions to Imperialism and Neo Liberalism ( Points
chauds : Reactions à l'Imperialisme et au Néo Liberalisme),
actuellement disponible aux USA chez Monthly Review Press, au
Canada Merlin Press, en Grande Bretagne et dans le reste du monde.
Bashir Abu-Manneh enseigne l'anglais au Barnard College, New
York, et passe actuellement une année sabbatique à Londres.
Introduction et traduction Mireille Delamarre pour
www.planetenonviolence.org

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