|
|
The Independent
Gaza
est « sur le point d'exploser », prévient l'ONU
Anne Penketh
1er mai 2008 article original : "Gaza
'on point of explosion' warns UN"
Le plus important fonctionnaire de
l'ONU dans ce territoire a prévenu que Gaza est proche d'atteindre
le "point d'explosion" qui pourrait conduire à une nouvelle
"évasion" de la part de la population palestinienne désespérée,
piégée par le blocus économique israélien. En
janvier dernier, des milliers de Palestiniens avaient déferlé à
la frontière avec l'Egypte après avoir ouvert une brèche dans
la clôture frontalière, afin d'acheter les biens de consommation
de base qu'ils ne pouvaient plus obtenir dans la Bande de Gaza.
John Ging, le chef de l'UNRWA à Gaza, qui apporte un soutien aux
réfugiés palestiniens, a déclaré hier que la brèche de
janvier dernier "avait été prédite, mais on ne s'est pas
occupé des causes". Maintenant, dit-il, "la pression
monte à nouveau et elle est proche du point d'explosion".
Dans un témoignage par liaison vidéo à la Commission au Développement
International du parlement britannique, M. Ging a dit que le problème
principal était l'accès pour entrer et sortir de Gaza.
Décrivant les conditions humanitaires de Gaza comme
"choquantes" et "honteuses" à cause du manque
de produits de base, il a dit que les fermetures imposées depuis
juin dernier, lorsque le Hamas a pris le contrôle de ce
territoire, avaient un "effet dévastateur" sur la
population civile. Israël ne permet qu'à des quantités
minimales de nourriture, de médicaments et de carburant de passer
sans entraves aux points de passage, tandis que les livraisons
d'essence et de fuel ont été complètement stoppées le mois
dernier à la suite d'une attaque par des militants palestiniens
sur un terminal de carburant, où deux travailleurs israéliens
ont été tués.
L'ONU a été obligée, pour la première fois à la fin de la
semaine dernière, de cesser temporairement la distribution de
nourriture à près de 800.000 Palestiniens à Gaza, en conséquence
des pénuries de carburant qui ont eu des implications sur
l'approvisionnement en électricité et en eau et sur le
traitement des eaux usées.
M. Ging a dit que la "question numéro un" était l'accès
aux articles non-alimentaires et non-médicamenteux. Les
approvisionnements en ciment et en acier, et même les articles
pour imprimer les livres d'école, sont sujets à une procédure
ralentie par Israël qui évoque des raisons de sécurité. M.
Ging, qui a rencontré mardi l'envoyé au Proche-Orient, Tony
Blair, a fait remarquer que "le projet chéri" de
l'ancien Premier ministre, une usine de traitement de l'eau à
Gaza, était au point mort parce que les matériaux de
construction n'ont pas reçu l'autorisation de passer.
S'adressant à la même session de la commission, Adam Leach, le
directeur régional d'Oxfam, a dit que la réponse de la communauté
internationale avait été "totalement inadéquate",
alors qu'elle n'avait pas réussi à prendre les décisions
"fermes" nécessaires pour supprimer le mouvement de
restrictions et pour assurer l'ouverture des points de passage.
On s'attend à ce qu'Israël subisse des pressions internationales
sur la question de l'accès des Palestiniens vers et hors de Gaza
et à l'intérieur de la Cisjordanie, lors d'une série de réunions
sur l'économie palestinienne impliquant la communauté des
donateurs, se déroulant à Londres les 1er et 2 mai. Le gouvernement
israélien dit que ces restrictions sont nécessaires à cause du
risque d'attaques contre Israël par les partisans. Cependant, M.
Ging a déclaré qu'à Gaza "cette approche n'avait pas marché.
Elle n'a pas dissuadé ceux qui tirent des roquettes, mais elle a
anéanti la population".
Il a été rapporté mercredi que douze petites factions
palestiniennes, dont le Djihad Islamique, avaient accepté un cessez-le-feu
avec Israël, à commencer par la Bande de Gaza, après des pourparlers
arbitrés par les Egyptiens. Cependant, Israël est resté sceptique
sur le cessez-le-feu et a rejeté la semaine dernière la proposition
du Hamas d'une trêve de six mois à Gaza, de crainte que les partisans
islamiques utilisent cette période pour se réarmer.
Hier, un avion de guerre israélien a attaqué une fonderie de métal
à Rafah, à la frontière entre Gaza et l'Egypte, tuant un chef local
du Djihad Islamique et blessant trois personnes.
La parlementaire [britannique] Sarah Teather (du Parti Libéral-Démocrate),
qui était à Gaza la semaine dernière, a décrit hier comment une
délégation de quatre députés britanniques avait dû chercher refuge
dans les toilettes du poste frontière d'Eretz après qu'une roquette
palestinienne a atterri à proximité du bâtiment. Elle a dit qu'elle
était "réellement indignée" par les conditions à
Gaza.
* Les soldats israéliens avaient été incapables d'identifier comme
journaliste le caméraman de Reuters, Fadel Shana, avant de tirer
sur lui, a dit l'armée israélienne hier, citant les résultats préliminaires
d'une enquête. Anne Penketh, rédactrice en
chef - Diplomatie Traduction : [JFG-QuestionsCritiques]
Publié le 3 mai 2008 avec l'aimable
autorisation de Questions Critiques
 |