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Interview Reuters.uk
L’empire
médiatique saoudien essaye de contrer l’opposition
Andrew Hammond
http://uk.reuters.com/article/latestCrisis/idUKL0985639920070809
RIYADH, le 9 août (Reuters) – L’Arabie
Saoudite a étendu son influence sur les médias panarabes pour
essayer de contrer les mouvements politiques d’opposition qui défient
la monarchie alliée aux USA, dit un nabab saoudien des médias
cette semaine.
En utilisant sa fortune pétrolière, l’Arabie
Saoudite a construit un large empire médiatique depuis le début
des années 1990, pour filtrer les critiques contre la politique
saoudienne locale et étrangère, et noyer les audiences arabes
avec des vidéos musicales, des films hollywoodiens et un Islam
flou et apolitique.
« Il y a un sentiment que l’Arabie
Saoudite est un état important et doit avoir une présence dans
les médias et ne doit pas laisser aux autres (la présentation
de) ce que nous voyons et lisons », dit Dawood al-Shirian,
le manager en Arabie Saoudite de MBC, le réseau de télévision
et de radio au capital saoudien, en défendant l’influence
saoudienne.
« Ceci (l’influence des médias) a
joué un rôle dans l’ouverture du Monde Arabe et pour révéler
la fausseté de certaines idéologies comme le nationalisme arabe,
la gauche et l’Islam politique », il ajouta en énumérant
une liste de mouvements politiques populaires que la famille
royale saoudienne considérait comme une menace à leur règne.
Le groupe MBC basé à Dubaï, fondé en
1991, a
six chaînes de télévision de divertissement, deux chaînes de
radio, et en 2003 il a ajouté la chaîne d’information
al-Arabiya. La famille royale et ses alliés d’affaires possèdent
aussi les réseaux de divertissement ART et Orbit, la chaîne
libanaise LBC International, le groupe Rotana et les journaux
panarabes al-Hayat et Asharq al-Awsat.
De plus, les médias d’état dans la
plupart des pays arabes dont l’Egypte, évitent les nouvelles
qui pourraient offenser les dirigeants saoudiens.
Les médias arabes ont largement suivi la
campagne médiatique saoudienne contre l’Iran concernant son
influence grandissante dans le Monde Arabe, bien que beaucoup d’Arabes
considèrent Israël représente plus de menace.
L’Arabie Saoudite et l’Occident
suspectent l’Iran de développer des armes nucléaires -- qu’Israël
est largement réputé de posséder – et voient l’influence
iranienne étendue sur l’Irak,
la Syrie
, le Liban et les territoires palestiniennes.
« L’Iran n’a rien fait pour les
Palestiniens durant 50 ans. Tout ce qu’il a fait, ce sont des
slogans », dit Shirian, un libéral qui rédige une rubrique
hebdomadaire au journal al-Hayat basé à Londres.
Mais des groupes d’opposition à travers le
Monde Arabe ont longtemps accusé l’Arabie Saoudite lui-même de
ne pas user de ses liens intimes avec Washington et de son
prestige comme la terre des lieux les plus saints de l’Islam,
pour soutenir la lutte des Palestiniens contre l’occupation israélienne
depuis 1967.
Al-Jazeera de Qatar, que la plupart des
sondages donnent comme la chaîne d’informations arabe la plus
regardée, demeure le plus grand défi médiatique à l’Arabie
Saoudite, tout comme le journal quotidien panarabe Al-Quds
Al-Arabi (journal basé à Londres, ndt.).
« Une Elite Libérale »
Shirian est l’un d’un groupe de libéraux
saoudiens qui se sont mis à dos les autorités à cause de leurs
appels à des réformes politiques et sociales après les attaques
du 11 septembre qui ont attiré l’attention occidentale sur le
modèle austère de l’Islam ouahabite en Arabie saoudite.
Comme beaucoup, il est retourné au bercail
officiel pour occuper son poste actuel l’année dernière quand
le gouvernement essayait de coopter les intellectuels.
« La démocratie peut faire venir des
opportunistes et d’autres. Laissez la société se développer
dans le bon chemin », dit Shirian en critiquant les systèmes
parlementaires en Egypte,
la Turquie
et le Koweït. « Les réformes ont lieu dans le contexte
saoudien, qui est : ‘ne poussez pas les choses’ ».
Des figures de l’opposition saoudienne
disent que des expériences comme celle du parlement koweitien ont
au moins renforcé l’idée de la responsabilité (des décisions
prises devant le peuple ou ses représentants, ndt.), et ont aidé
à décourager
la corruption. Des
analystes disent que la famille royale et l’élite politique ont
peur que les Islamistes pourraient gagner dans les élections.

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