Les Palestiniens ont écouté les récits de familles ou
d’individus dont des proches ont été tués par des roquettes, les
Israéliens ont écouté les récits de parents qui ont perdu un
enfant dans le village palestinien de Naalin. Les deux groupes
étaient d’accord sur un point : il faut la paix pour que le
massacre cesse.
"Notre association est
singulière", dit Nir Oren, le
co-président israélien du Cercle des Parents.
"Tout le monde a perdu un proche avec ce
conflit. Chacun d’entre nous œuvre pour la paix afin qu’aucun
des deux côtés ne voie s’allonger la liste des familles
endeuillées."
Nir Oren dit que, samedi,
un groupe de 20 Palestiniens et de 10 Israéliens s’est rendu au
kibboutz Kfar Aza (près de la frontière avec la bande de Gaza,
ndt), au domicile de feu Jimmy Kdoshim, tué par un obus de
mortier. "La rencontre a été
passionnante, et tout le monde a compris la douleur de la
famille de Jimmy et avec la peur des roquettes qui menacent ce
kibboutz", dit-il.
La deuxième rencontre a eu
lieu dans le village de Naalin. Le groupe a visité les domiciles
d’Ahmed Moussa et de Youssef Amera, tués lors de manifestations
contre la construction de la barrière de sécurité israélienne :
"Ils nous ont décrit comment cette
barrière affecte leur vie quotidienne, nous avons visité la zone
où elle doit être construite et entendu leurs objections."
Oren :
"Nous avons affaire à des gens qui sont en
train de perdre leur gagne-pain. Le père d’Ahmed nous a dit que
ce qui l’intéressait, c’était la paix, sa terre, et que celui
qui a tiré sur son fils soit jugé. Cela ne fait que 40 jours et,
déjà, son ton est à l’apaisement."
Oren ajoute :
"Les habitants de Naalin comprennent les
nécessités sécuritaires du mur, ils ne se battent que pour
modifier son tracé. Dans le groupe israélien, il y avait même un
colon qui nous a raconté comment se passait la vie avec les
Palestiniens de ce village."
Que le dialogue se
poursuive
Après cette rencontre, une
cérémonie était organisée à Beit Jala, où des militants pour la
paix ont été à l’honneur pour leur travail. L’un d’entre eux
était Ismail Hatib, qui a fait don des organes de son fils à un
Israélien. Hatib : "La chose la plus
importante dans ce monde est la vie humaine. Si j’ai perdu mon
fils et que je peux aider un autre être humain, israélien ou
palestinien, c’est cela qui compte."
Le co-président
[palestinien] du Cercle, Abou Awwad, parle des expériences de sa
délégation en visitant le kibboutz Kfar Aza :
"Avec les habitants, nous avons parlé de la
coexistence et de la coopération agricole qui existaient avant
l’an 2000, et du fait que le seul contact aujourd’hui passe par
la violence."
"Plus tard, nous avons rendu
visite à la veuve de Jimmy Kdoshim. Il a été très difficile de
l’entendre parler de son expérience. Elle vit avec les images du
drame, et nous pouvons être en sympathie avec elle parce que
tous, nous connaissons cela. Mes frères ont été tués par l’armée
israélienne. Chacun, dans la délégation palestinienne, a éprouvé
de l’empathie et s’est ouvert sur ses propres expériences."
"Ce qui rend son histoire
encore plus tragique, c’est qu’elle et son mari travaillaient à
la paix et à la réconciliation entre les deux côtés. Nous avons
discuté des différents aspects de la situation et de la manière
dont nous pouvions promouvoir le dialogue. L’essentiel est que
le dialogue se poursuive entre nous, les gens ordinaires. Il
faut que nous nous comprenions, car le gros problème est que
nous n’aimons pas l’autre, le différent. Quand nous aurons
changé cela, nous pourrons agir vraiment."