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Yediot Aharonot
Examens de conscience : en
Palestine aussi
Ali Waked
[Un porte-parole du gouvernement
palestinien, représentant du Hamas, critique le chaos et la
violence à Gaza, et dit que l¹occupation n¹explique pas tout.
Il appelle les Palestiniens à admettre leurs erreurs.]
http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3296410,00.html
Yediot Aharonot, 27 août 2006
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Examen de conscience au Hamas. Le Dr Ghazi Hamad, porte-parole du
gouvernement palestinien, a durement critiqué le public
palestinien, en accusant les Palestiniens de faire de la bande de
Gaza un endroit violent où ne règne pas la loi.
"Ayez pitié de Gaza", a-t-il écrit dans un éditorial
publié dimanche dernier. "Après le retrait de Gaza, nous
espérions un avenir radieux, nous pensions que cette année, nous
allions recueillir le fruit de nos sacrifices. Mais aujourd¹hui,
je me demande : pourquoi les forces d¹occupation sont-elles
retournées à Gaza ? L¹occupation, nous diront les commentateurs
et les intellectuels, est responsable. Je ne défends pas l¹occupation,
mais je veux que cessent nos erreurs, dont nous avons coutume d¹accuser
les autres."
"L¹anarchie, les assassinats gratuits, les vols de terre,
les brutalités : tout est-il de la faute de l¹occupation
?", demande-t-il et ajoute que les Palestiniens doivent arrêter
d¹épouser des théories du complot qui "limitent notre réflexion".
Les espoirs de prospérité économique et de paix dans la bande
de Gaza après le retrait des troupes et des colons israéliens se
sont évanouis, l¹Autorité palestinienne n¹ayant pas réussi à
imposer l¹état de droit ni à apporter aux 1,3 millions de
Palestiniens les services minimum dont ils ont besoin.
Les terres agricoles évacuées par les colons juifs devaient créer
4.000 emplois et générer plusieurs millions de $ de recettes.
Mais la corruption au sein de la société chargée de gérer les
terres a fait décliner l¹agriculture naguère florissante du
Goush Katif, et une bonne partie d¹entre elles sert maintenant de
terrain d¹entraînement pour différents groupes palestiniens.
"Admettons que nous nous sommes trompés"
"Nous n¹avons pas su préserver la victoire de la libération
de Gaza. 500 personnes sont mortes depuis le retrait, contre 3 ou
4 Israéliens tués par des roquettes. La situation à Gaza, c¹est
l¹abandon, la tristesse et l¹échec. Quand quelqu¹un se trompe,
nous avons peur de le critiquer par crainte d¹être accusé d¹être
contre la résistance", écrit Hamad.
"Quand des efforts sont faits pour ouvrir la frontière de
Rafah, pour soulager la crise humanitaire, il se trouve toujours
quelqu¹un pour y tirer une roquette. Et quand nous parlons de trêve,
il y a toujours quelqu¹un pour en tirer une autre."
Hamad en appelle aux leaders des factions palestiniennes, en
disant que la résistance face à Israël ne vaut rien quand
"le territoire n¹est qu¹anarchie, corruption, brutalités
et assassinats mafieux. La construction de la patrie ne fait-elle
pas partie de la résistance ?"
Il critique également le phénomène des enlèvements d¹étrangers
à Gaza. Deux journalistes de Fox News enlevés il y a 15 jours
par des miliciens palestiniens ont été relâchés dimanche.
Hamad écrit que les enlèvements sont devenus un "commerce
rentable" et accuse les ravisseurs d¹étrangers innocents d¹être
indifférents au mal qu¹ils font à la cause palestinienne.
"Admettons nos erreurs, faisons un examen de conscience
rationnel, plaçons l¹intérêt de notre peuple au-dessus du
notre propre, et disons honnêtement : Ici nous avons eu raison, là
nous nous sommes trompés. Alors seulement, nous verrons changer
le visage de Gaza et de la patrie", conclut-il.
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