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L'EXPRESSIONDZ.COM
LA
MÉDITERRANÉE ET LE SAHARA
La France
face au «risque» Sarkozy
Ali Titouche 
27 octobre 2007 La
France des droits de l’homme tremble dans ses fondements et
confirme l’échec, depuis toujours, de sa politique en Afrique. La
politique de rupture du nouveau président français, Nicolas
Sarkozy, est confrontée à de rudes épreuves. Depuis l’élection
de Nicolas Sarkozy, l’Etat français ne cesse de multiplier les
échecs sur le plan de la politique étrangère. Déclarations
controversées de Bernard Kouchner en Irak, prêche pour une
guerre contre l’Iran, discours jugé «raciste» du président
français au Sénégal pour arriver, enfin, au soutien à la
politique coloniale du Maroc au Sahara occidental. De quelle «rupture»
parlait alors M.Sarkozy aux Français avant son investiture à la
tête de l’Etat français?
Le soutien officiel et public du président français à la «marocanité»
du Sahara occidental vient ainsi conclure, jusqu’ici du moins,
une gravissime série de dérapages de la politique étrangère du
nouvel hôte de l’Elysée. Au Palais royal, Nicolas Sarkozy est
allé plaider pour une Union méditerranéenne qu’il tua dans
l’oeuf. Par là même, il engage l’Etat français dans une
impasse difficile à surmonter du fait que la question du Sahara
occidental est considérée par les Nations unies comme étant une
affaire de décolonisation dont l’issue ne peut se faire que par
le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
Une position lourde de conséquences pour une France qui est
membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU et n’ignore
rien des tenants et aboutissants d’un contentieux qualifié par
l’Assemblée générale de l’ONU comme étant l’un des
derniers dossiers de décolonisation subsistant dans le monde et
dont le mandat a été donné au secrétaire général de l’ONU
pour en trouver l’issue. Les Européens sont loin d’être à
l’unisson sur cette question comme c’est le cas de l’Italie
qui a joué un grand rôle au sein des Nations unies pour
l’adoption de la résolution 1754 du 30 avril dernier,
confirmant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
Dans la forme comme dans le fond, aucun pays européen ne soutient
aussi, d’une manière ou d’une autre, ce déni de droit
qu’est l’occupation du territoire du Sahara occidental par le
Maroc.
La France des droits de l’homme tremble dans ses fondements et
confirme ainsi l’échec, depuis toujours, de sa politique en
Afrique.
Le président français avait pourtant déclaré «notre deuxième
grand objectif doit être de promouvoir sur la scène
internationale les valeurs universelles de liberté et de respect
des droits de l’homme et de la dignité humaine, car la France
n’est vraiment elle-même que lorsqu’elle incarne la liberté
contre l’oppression et la raison contre le chaos». Et voilà
un président qui n’hésite, semble-t-il pas, à remettre en
cause les principes fondamentaux de la France qu’il rappela
opportunément. Interrogé récemment sur la présence militaire
française en Afrique, de plus en plus contestée, Nicolas Sarkozy
avait expliqué que la première mission de la France consiste à
aider l’Union africaine à construire une architecture de paix
et de sécurité régionale qui permettra au continent de disposer
d’un outil pour mieux garantir, solidairement, sa stabilité. Et
d’ajouter que cette présence française en Afrique répond
aussi, parfois, à la nécessité de s’impliquer dans une crise
à titre humanitaire, afin de préserver la sécurité des
populations civiles. Quelques mois après ses déclarations sur la
politique extérieure de son pays, le président français semble
remettre en cause son premier modèle de politique étrangère. Il
semble surtout ignorer le danger qu’induit son soutien à la
politique d’occupation marocaine du Sahara occidental pour la sécurité
et la paix dans la région du Maghreb. Et dire que cette même région
est concernée par le projet de Sarkozy dit d’Union méditerranéenne.
La question qui s’impose est de savoir comment peut-on donc
soutenir la sécurité pour tous et hasarder, par la même, les
valeurs par des projets engageant la paix des Etats. Une équation
à plusieurs inconnues. Nicolas Sarkozy, pour mémoire, a surtout
déclaré un jour que même si «la France n’est vraiment
elle-même que lorsqu’elle incarne la liberté contre
l’oppression et la raison contre le chaos», le troisième
grand objectif de sa politique étrangère est de «promouvoir
nos intérêts économiques et commerciaux». C’est
justement la raison, semble-t-il, du soutien officiel et public de
Sarkozy au projet «d’autonomie» marocain pour le Sahara
occidental.
Une politique à l’américaine. Néanmoins, il est vrai que ce
soutien défendrait mieux les intérêts commerciaux de la France
au Maroc, mais il risque tout de même d’engager l’Hexagone
dans un bourbier diplomatique qui lui serait préjudiciable et
lourd de conséquences. Droits de
reproduction et de diffusion réservés © L'Expression
Publié le 27 octobre avec l'aimable autorisation de l'Expression
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