Troisième Intifada :
« Jour de colère » et « jour d'infamie » Agustin Velloso
Dimanche 21 mars 2010
Il semble que
la troisième Intifada de l’ère israélienne ait officieusement
commencé le mardi 16 mars 2010. On ne parle presque jamais de
celles antérieures à 1948, comme si la résistance était un
phénomène récent.
On oublie la Brigade Arabe
des années 50 du XXème siècle et les résistants comme le Cheikh
Ezzedine Al Qassam, enseignant, leader des ouvriers, des paysans
et des groupes de guérilla dans les années vingt et les années
trente de ce même siècle.
À la différence d’Abu Mazen,
Ezzedine Al Qassam a combattu, de toutes ses forces et avec
honneur, jusqu’à sa mort, les Français, les Britanniques et les
sionistes.
Dès demain, la souffrance des
Palestiniens va s’amplifier, mais avant que le sang des blessés
et des morts ne vienne recouvrir l’Esplanade des Mosquées, comme
cela c’était produit le 28 septembre 2000, sur ordre d’Ariel
Sharon, il faudra célébrer le nouveau soulèvement des
Palestiniens.
Aujourd’hui, comme lors du
déclenchement de la seconde Intifada, et en mémoire des dizaines
de Palestiniens assassinés ce jour-là, on peut entendre une
nouvelle fois les cris :
Vive le combat du peuple
palestinien ! À bas l’occupation ! Fin des pourparlers ! Fin du
siège de Gaza !
À ceux qui ont la mémoire
courte, il est bon de rappeler, qu’à cette date c’était George
Mitchell qui présidait la commission internationale qui portait
son nom dont un autre notable pro-sioniste faisait partie :
Javier Solana. Cette commission porte la responsabilité du sort
des Palestiniens qui priaient en ce lieu, mitraillés par les
soldats israéliens, qui avaient été envoyés par leur
gouvernement, pour les éliminer.
Logiquement, dans les années
qui ont suivi – sans compter l’attaque de décembre 2008 – Israël
avait tué plus de 4000 Palestiniens. Pour quelle raison s’en
serait-il privé ?
Et qui est, aujourd’hui,
l’envoyé spécial d’Obama au Moyen-Orient ? Tiens tiens, c’est le
même Mister Mitchell ! Un type qui compte plus d’années au
Moyen-Orient que les pyramides, bien que sans aucun mérite. Il
sera dans peu de temps candidat au Prix Nobel de la Paix, après
avoir été professeur à l’École d’Éthique Mondiale Appliquée – on
se demande ce qu'est ce machin - et président de la compagnie
Walt Disney (ou peut-être inversement).
Pour sa part, ce Solana
d’alors avait amplement démontré aux maîtres du monde son regret
d’avoir écrit
un document intitulé « 50
raisons pour dire non à l’OTAN ».Le Kosovo a été la meilleure
manière qu’il avait trouvé pour le leur dire : je le reconnais,
ce fut un péché de jeunesse, je l’ai confessé, maintenant je
peux bombarder sans l’autorisation de l’ONU, je peux attaquer
des objectifs civils et tuer des civils.
C’est très probable que pour
ce Prix il rivalise avec Mitchell, car en plus de sa
contribution pour la paix et pour le progrès de l’Europe,
récompensée par le Prix Charlemagne en 2007, il faut ajouter son
soutient constant et ferme au sionisme, un substantiel mérite
pour parvenir à décrocher le Prix.
Aujourd’hui, "le jour de la
colère" a été proclamé. Cela vaut pour les Palestiniens, mais
pour Abou Mazen et l’Autorité Palestinienne c’est le « jour de
l’infamie ». Les enfants lançant des pierres contre les blindés
et les femmes brandissant dans la rue des drapeaux
(palestiniens) face à trois mille policiers et soldats
israéliens ayant le feu vert pour tirer et tuer, et lui (Abou
Mazen) en même temps, en train de négocier avec le chef de ces
forces armées ?
C’est aussi le jour de
l’infamie pour les médias, qui décrivent les Palestiniens comme
des agitateurs lorsqu’ils protestent et qu’ils se défendent
comme ils peuvent contre la spoliation et la colonisation de
leur terre, alors que ces mêmes médias ne disent pas un mot sur
le fait que ceux-ci vivent sous l’occupation militaire, bloqués
par un mur et des centaines de postes de contrôle militaire en
Cisjordanie, assiégés et emprisonnés à Gaza, réfugiés et sans
droit de retour s’ils sont en dehors de la Palestine.
Ils ne mentionnent pas non
plus le fait contraire à la justice et à la paix, que les
Palestiniens vivent constamment exposés aux attaques d’une des
armées les plus puissantes du monde, sans que l’ONU, ni le
Quartet pour le Moyen-Orient, ni la « communauté
internationale » ne fassent rien d’autre que pleurer sur ce
qu’ils appellent des actions excessives de la part d’Israël pour
se défendre, d’encourager les Palestiniens à poursuivre les
pourparlers de paix avec leur bourreau – au lieu de soutenir
leur droit légitime à la résistance ou, mieux encore, d’empêcher
Israël de poursuivre impunément son agression qui dure depuis
des décennies – et donner de l’argent à quelques dirigeants
palestiniens afin qu’ils brident bien le peuple, de façon à ce
qu’Israël n’ait pas besoin de le faire sous les yeux du monde.
Oui, tout est ligué contre
les Palestiniens, mais même avec tout ça, ils ne cèdent pas,
n’abandonnent pas, et les Intifadas se répètent, même sans avoir
récupéré du châtiment démentiel qu’ils ont souffert il y a près
d’un an et avec le poids de la souffrance qui dure depuis plus
de soixante ans.
Il n’y a aucun doute ; ils
sont disposés à résister et à mourir plutôt que laisser la terre
aux voleurs sionistes et à leurs adeptes. Les sionistes le
savent par expérience, mais ils s’obstinent à croire que leur
pouvoir militaire et leur amitié avec les USA et l’Union
Européenne leur permettront d’expulser tous les Palestiniens ou
de les tuer si c’est nécessaire.
Ceux qui ont la volonté
de chercher la justice et en conséquence la paix en Palestine,
n’ont qu’une seule voie, celle de soutenir les Palestiniens dans
leur combat. Ne pas le faire, c’est se mettre du côté de
l’agresseur et être complice de son infamie
.
Traduit par Esteban
G..Édité par Fausto Giudice
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