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Al Manar
Nouvelles photos accablantes : le vrai visage de Tsahal

Photo : Al-Manar TV
Vendredi 27 août 2010
Scandale. Au lendemain de la
publication des photos d’une ex-militaire israélienne posant
face à des prisonniers palestiniens, huit nouvelles images ont
été divulguées ce mardi par une ONG de défense des droits de
l’homme. Des corps meurtris et décédés de Palestiniens, entourés
de soldats israéliens souriants, figurent sur ces clichés.
La norme, et non pas une exception. C’est ce qu’affirme
l’association Briser Le Silence (Shovrim Shtika) à propos des
deux photos polémiques, révélées lundi, de l’ex-officier Eden
Abergil. Publiés sur son compte Facebook, ces clichés la
représentaient, l’air moqueur et s’affichant face à des
prisonniers palestiniens aux yeux bandés et aux mains attachées.
Le scandale a aussitôt été dénoncé par l’Autorité palestinienne
ainsi que par la presse arabe. Dans les esprits, un parallèle
fut rapidement établi avec les séances photographiques
humiliantes réalisées par l’armée américaine au sein de la
prison irakienne d’Abou Ghraib.
Depuis dix ans, l’ONG Briser Le Silence, composée de vétérans
israéliens, s’est donnée pour mission de lutter contre la
corruption au sein de l’armée et de dénoncer les abus commis par
ses soldats dans les territoires occupés. Des témoignages et des
documents sont recueillis auprès d’anciens militaires indignés
ou traumatisés par leur expérience. C’est ainsi que de
nombreuses photos, illustrant des sévices à l’encontre des
Palestiniens, ont été collectées par l’association.
Mardi après-midi, en réaction aux propos lénifiants du
porte-parole de l’armée israélienne -selon lequel Eden Abergil
était un cas isolé-, Briser Le Silence a décidé de mettre en
ligne, sur sa page Facebook, huit photos témoignant de la
généralisation de cette pratique.
« Juste la partie émergée de l’iceberg », indique Yehuda Shaul,
responsable de l’association. « Beaucoup de gens possèdent des
milliers de photos mais très peu ont été publiées. On a fait
d’Eden un bouc émissaire alors qu’on devrait plutôt s’attaquer à
la banalisation de ce phénomène », ajoute-t-il. La cause de ces
dérives ? « C’est le résultat de l’occupation et du contrôle
quotidien de la population civile », précise Yehuda Shaul. Selon
le co-fondateur de l’ONG, « le temps est venu de mettre fin au
silence qui facilite la culture du déni ». En 2007, le groupe
avait réalisé un documentaire, « To see if I’m smiling », qui
dévoilait déjà ce loisir morbide, au sein de l’armée, consistant
à poser en photo auprès de cadavres palestiniens.
Cette nouvelle affaire vient ternir davantage l’image, largement
écornée, d’Israël : après le scandale du trafic d’organes, le
fiasco de l’opération de Dubaï et l’attaque sanglante de la
flotille humanitaire, Tel Aviv n’en finit pas d’incarner le
nouveau paria de la communauté internationale.
Désormais, la propagation, à vitesse numérique, des huit photos
mises en ligne, finira d’abattre le mythe selon lequel
« Tsahal » – comme l’appellent avec affection ses partisans-
serait, comme l’a qualifié encore récemment Bernard-Henri Lévy,
« l’armée la plus morale au monde ». In fine, c’est le visage de
la société israélienne que les bandeaux apposés sur les yeux des
Palestiniens révèlent.
Sources: Oumma, Les signes des temps

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Publié le 21 août 2010
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